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samedi 30 décembre 2023

L’état du monde en guerre mondiale : va-t-on sortir en 2024 de cette période religieuse réactionnaire ?

«  En 1849, une commission se réunit pour préparer un nouveau statut de l’Enseignement. Thiers se déchaîne contre les instituteurs, ces « anti-curés ». « Qu’on ferme les écoles normales, glapit Thiers, que le curé de la paroisse se charge de l’instruction primaire. Aussi bien il apprendra toujours au peuple qu’il a plus besoin de moralité que de savoir », et Thiers avoue ses préférences :« J’aime mieux l’instituteur sonneur de cloches que l’instituteur mathématicien ».

« Qu'importe que ce soit un sabre, un goupillon ou un parapluie qui vous gouverne! − C'est toujours un bâton ». (Clemenceau, 1899)

Aux Etats désunis on assiste à la compétition d’un président gâteux et d’un ancien président fou, constat à signification universelle de l’état de décrépitude du capitalisme dont wokisme et islamo-gauchisme ne sont que les couches imbibées et les chaises roulantes, j’allais dire croulantes. Quelle est la guerre locale la plus honteuse en cette triste fin d’année, celle en Ukraine ou celle à Gaza ? Les industries d’armement et leurs généraux VRP se lèchent les babines avec les autres perspectives de massacres potentiels forcément en mer de Chine, au Venezuela et partout ailleurs. Il n'y a plus de guerres locales !

La guerre mondiale est déjà là et on ne s'en était pas aperçu ! Au début, et même à la fin, les guerres mondiales n'ont pas lieu partout. En 1914 comme en 1939 une grande partie de la planète n'était pas touchée. Pendant les premières années de la Seconde le territoire américain n'était pas concerné, ni l'Amérique latine, ni une grande partie de l'Afrique. Si l'on voulait établir une comparaison, ,avec ses limites, on pourrait évoquer cette « drôle de guerre » en 1939 qui dura un an avant que Hitler ne choisisse d'envahir la France. La guerre actuelle, effective ou potentielle, sur tous les fronts, possède cependant une caractéristique essentielle qui la différencie des guerres du passé : elle est irrationnelle.

Il demeure des vérités humaines sordides qui ridiculisent toujours les utopistes marxistes qui imaginent que les guerres ne sont que la conséquence de l'esprit capitaliste. Au cours de toutes les guerres depuis l'antiquité, l'homme le plus vertueux abandonne toute réserve et se laisse mener par son agressivité et ses instincts sexuels sans aucune retenue. Le goût du meurtre s'allie à celui du viol, comme s'il existait un lien intime entre l'amour et la mort. Est-il admissible que des peuples entiers, sans distinction de classes, acceptent ou subissent des massacres barbares sans remettre en cause leurs oppresseurs ? Et la fameuse classe ouvrière internationaliste, où est-elle depuis deux ans ? Nulle part. On ne peut pas dire qu'on ne sait pas ou qu'on ne voit pas. On sait par l'avalanche d'infos et de mensonges de guerre. On sait que des milliers sont tués, torturés, violés ; ce n'est pourtant pas un faux de sauvagerie immémorial dans la dite âme humaine qui est le facteur explicatif. C'est le poids de l'idéologie, et à toute époque, hier comme aujourd'hui. C'est la capacité à imposer l'idée que c'est la faute à l'autre, décrit comme nazi, terroriste ou Satan, avec à l'époque moderne des moyens considérables pour rendre confuse toute réflexion rationnelle. Toutes les sociétés du passé en décadence produisaient un éclatement social des castes et des classes. Dans tous les domaines des activités humaines se développent une violence sans limites où l'homme civilisé retourne à son état primitif.

Je n'ai pas envie de me servir du freudisme1, mais, désolé, la guerre peut être un ersatz à la lutte de classe. Sur près de 130 millions de russes, 100 millions sont payés par l'Etat ! La terreur de Poutine n'explique pas tout. L'individu, plongé dans la guerre, peut y trouver un relâchement des entraves sociales et légales. Il peut libérer des passions, surtout mauvaises. Les spectacles sanguinaires peuvent convenir aux deux côtés comme on le voit dans le carnage à Gaza.

Toute la population mondiale sait, y inclus le prolétariat. Mais la seule défense ou protection psychologique, c'est le port des oeillères comme en 1915 comme en 1943...

LA PLONGEE DANS UN IRRATIONNEL CAPITALISTE

La première question à se poser est : le conflit en Palestine est-il régional, et la réponse est non, ce qui veut dire que nous sommes dans une escalade qui peut mener à un vrai conflit "mondial" engageant l'Europe et les Etats-Unis, non pas à partir de la guerre à Gaza mais depuis « la menace » inaugurée par l'invasion russe en Ukraine il y a deux ans, réveillant un peu partout les appétits impérialistes de chacun. Sous la gloriole de l'éradiquer à jamais, en attaquant Gaza avec une telle barbarie, la bourgeoisie israélienne ne pouvait pas ne pas avoir prévu la capacité de riposte du Hamas, qui ne fait qu'amplifier ses sanctions habituelles : évacuer les populations civiles, les massacrer et détruire leurs maisons, quand le massacre éhonté du 7 octobre sert de prétexte répétitif à faire durer une guerre aussi absurde que celle en Ukraine, dont les seules raisons (intérieures) pourraient bien être de sauver la peau à Netanyahou et à Poutine !  

 Les guerres, depuis surtout 1914, n’ont jamais été des conflits opposant des soldats sur un champ de bataille dans le style : « Messieurs les Anglais, tirez les premiers ! », mais dans le style de Cambronne : « MERDE ! ». Autant qu’on puisse le savoir, elles ont toujours fait à peu près autant de victimes parmi les civils que parmi les militaires, ce qui avait été le cas en 1914-1918, quoique les historiens ne parlent que de la mort des fantassins. Elles tendent désormais à frapper davantage les civils : au moins 40 millions de victimes civiles pendant la Seconde Guerre mondiale pour 22 à 25 millions de soldats. Dans ces conditions, il est permis de soutenir qu’aucune guerre du capitalisme moderne n’est justifiable.

Sans oublier les ignobles bombardements de Hiroshima et de Nagasaki, qui n'ont jamais ouvert un droit à la repentance éternelle comme pour le génocide des juifs, les bombardements anglo-américains pendant la Seconde Guerre mondiale ont fait entre 350.000 et 500.000 victimes civiles allemandes et près de 70.000 victimes civiles françaises, hommes, femmes et enfants. Il n’y avait pas à l’époque BFM ou CNEWS pour nous les montrer tous les soirs, mais elles n’en étaient pas moins violentes et terroristes. Ces bombardements furent massifs au printemps 1944 pour retarder la progression des blindés allemands vers l’ouest et faciliter le débarquement. Le 26 avril 1944, le service français de la BBC disait : « Cette nécessité est horrible. Sans doute jamais dans l’histoire aucun allié n’a-t-il dû infliger des blessures aussi sanglantes et aussi pénibles à un autre peuple allié et ami. ». C'est à peu près le même raisonnement cynique des nationalistes juifs, humour culinaire les mains pleine du sang des enfants palestiniens : « on ne fait pas d'omelette sans casser d'oeufs » ; tous des terroristes (qui méritent leur sort funeste comme n'importe quel tueur du Hamas) ainsi qu'a été chargé de le proclamer l'ex otage Mia Schem au service du criminel de guerre Netanyahou, récemment libérée, quand, au demeurant, ce fameux Hamas co-créé par Bibi le tueur a fait perdre toute légitimité morale et politique à l'aspiration nationaliste palestinienne.

Pour comprendre cette politique mondiale de l'autruche (on ne veut pas voir la guerre qui est là) il nous faut ici recourir à une notion marxiste, celle de période contre-révolutionnaire. Une contre-révolution que je qualifie d'islamique, comme hier on la nommait cléricale. Néanmoins, comment ne pas comprendre le retour au galop des religions, particulièrement l'islam, face à un capitalisme irrationnellement déchaîné, quand, comble pour la vraie conscience humaine, la croyance superstitieuse apparaît plus logique et raisonnable ?

QU'EST-CE QU'UNE CONTRE FREVOLUTION ?

Bêtement et vulgairement, un militant maximaliste vous expliquera : « c'est à la fin de la révolution, son échec ».  C'est plus complexe car la contre révolution n'efface pas complètement la révolution, elle se produit aussi pendant la révolution. Napoléon n'est pas simplement la « réaction thermidorienne » ni un vulgaire Hitler, Lénine n'a rien à voir avec Staline2. Pas la peine de préciser que Poutine le petit n'a rien à voir avec Alexandre le grand.

Je ne vais pas radoter comme le CCI sur la méchante contre révolution stalinienne que seules les « gauches communistes », qui tiennent dans une cabine téléphonique, auraient identifié et perpétuellement combattu (dans le désert) mieux qu'un Soljetnitsyne. Le moment contre révolutionnaire n'est pas séquentiel ni linéaire et peut être en décalage. La vague révolutionnaire qui déferle en 1917 suscite immédiatement une réaction contre-révolutionnaire, avec les popes en tête, pas encore les imams. Mais la contre-révolution d’après-guerre de 1918 (isolement de la révolution russe) n’implique aucunement un retour à la religion et à l’obéissance aux supérieurs, tel que le conçoivent les conservateurs traditionnels du dix-neuvième siècle aux moments d'une menace révolutionnaire. Il faut un intermède paradoxalement dictatorial pour rétablir à nouveau l'autorité bourgeoise. Ce sera Staline qui fera brûler les Eglises pour mieux promouvoir une religion politique staliniste – une sorte de communisme oecuménique et aussi creux que le bon dieu - qui ne détruira jamais la religion orthodoxe et dont ses successeurs et le nain Poutine feront un usage réactionnaire conséquent.

LA CONTRE REVOLUTION EST UN INTERMEDE

La longévité des Hitler et Mussolini au pouvoir, inférieure à celle de Staline, n'équivaut pas à 50 ans de pouvoir réactionnaire. Staline meurt dix ans après WW2. On pourrait plutôt parler d'intermède restant de la contre révolution mais pas partout... L'hitlérisme, de gauche au début, est aussi cet intermède « athée » au niveau mondial3 quand le stalinisme n'aurait pas suffi à incarner à lui seul une contre révolution à vocation mondiale . Le stalinisme s'arroge donc de le qualifier de contre révolution afin de liquider la conscience qu'il en est la principale maille.

La contre révolution fasciste des années 1930, à ses débuts,  découvre de plus comment exploiter les sentiments nationaliste, expansionniste et xénophobe pour liquider l'internationalisme de classe sur l'autel de solutions nationales et la nécessité de la guerre « de défense ». Mais pour mieux détruire le vrai internationalisme de classe, le nazisme est une religion qui se déclare elle aussi internationaliste, simagrée que jouera aussi à son tour la mondialisation libérale, ridiculisant l'internationalisme stalinien à la fin du siècle, sans vraiment pouvoir rivaliser avec « l'internationalisme islamique ».

La chronologie est impossible avec cette notion de contre révolution vague. Peut-on dire que les masses partent à la guerre en 1914 parce qu'elles sont victimes d'une contre révolution qui daterait de 1871, date de l'écrasement de la révolution parisienne ? Pourtant en quelques mois, à la veille d'août 1914, les masses, certes moins massives en termes industriels que dans les années 1930, s'en vont au front sans se révolter ni avoir été réprimées ; le fait que les femmes ouvrières en 1917 fasse péter le pouvoir tsariste met-il fin à une contre révolution mondiale qui n'avait pas existé récemment en tout cas ?4 (on peut néanmoins parler de phase contre-révolutionnaire en Russie après la longue période de répression qui suivit l'échec de la révolution de 1905 jusqu'à la « sortie » de 1917).

L'insurrection contre la guerre est considérée comme sortie de la contre révolution, mais pourquoi cette dernière sortie n'a-t-elle pas eu lieu par après 1917 en 1945 ? Nos maximalistes répondent dans la durée : parce que la contre révolution durait depuis au moins 1927 avec la prégnance au pouvoir de Staline, puis parce qu'elle durerait jusqu'en 1968 où des milliers d'étudiants se prenant pour des révolutionnaires prolétariens décréteraient la fin de cette contre révolution. En gros on aurait subi sans interruption 50 ans ou presque de contre révolution (de 1924 à 1968 approximativement) ce qui est farfelu, en quoi les années 1950 pourraient-elles être qualifiées de contre-révolutionnaires?  Avec zéro guerre en Occident, luxe qui ne concerna guère le tiers monde, et pendant laquelle le prolétariat des « pays développés » ne connut ni la misère ni la terreur des époques de guerres civiles des années 1920. Le prolétariat avait donc eu l'occasion de s'endormir en consommant en libre service pendant cette seconde moitié (dite trente glorieuses) de la contre révolution semi centenaire.

LA CONTRE REVOLUTION EST LA RESTAURATION RELIGIEUSE


Dans l’histoire européenne du vingtième siècle, c’est généralement par les fractions de gauche de la bourgeoisie que les masses de prolétaires ont été leurrées et dévoyées d'une véritable lutte de classe. Il a toujours existé des catholiques de gauche, quoique considérés comme fascistes ou de droite, comme maintenant nous supportons des islamistes de gauche !

L’idée de la « contre-révolution » peut sembler floue, et peu centrale. En quoi consiste-t-elle ? Un retour de la noblesse, des curés du pouvoir bourgeois, de la droite ? A l'origine c'est la réaction contre les idées des Lumières (comparable aux attaques actuelles wokistes et islamo-gauchistes) et de tout esprit progressiste ; une réaction contre les principes de 1789, en France et ailleurs, puis contre l'immense lueur d'Octobre 1917.  La contre-révolution est moins un mouvement politique qu’une attitude idéologique, une mentalité qui veut maintenir la hiérarchie des classes sociales et surtout les religions. In fine surtout une perpétuation de la religion. La révolution française n'avait pu faire les choses qu'à moitié avec l'ambigu Robespierre.

La vague révolutionnaire bourgeoise de 1789 ne pouvait être que l’amorce de « La séparation des Églises et de l’État ». La réaction thermidorienne avait disloqué le « gouvernement révolutionnaire ». La République se fissura et retomba aux mains des « contre-révolutionnaires ». Le haut clergé catholique en profita pour se réorganiser. Le 30 mai 1795, les églises sont rendues aux cultes. Napoléon Bonaparte, sait que l'Etat contre révolutionnaire a besoin de la religion pour gouverner, il dit au clergé de Milan, quelques jours avant Marengo : « Nulle société ne peut exister sans morale, et il n’y a pas de bonne morale sans religion. Il n’y a donc que la religion qui donne à l’État un appui ferme et durable ».Napoléon, en signant avec le Pape le Concordat du 15 juillet 1801, va catholiciser la France et achever de détruire l’œuvre de la Révolution. Pendant un siècle, l’Église va pouvoir inculquer au peuple et à la classe ouvrière la soumission à la classe dirigeante et le respect de l’ordre établi. L'élimination du pouvoir étatique de la calotte aliéné n'avait pu être envisagé que provisoirement pendant la Commune de 18715.

Il faudra attendre décembre 1905 pour que la religion soit virée de l'Etat grâce à Clémenceau, qui fût ensuite un triste va-t-en guerre. Peut-on dire que cette mesure géniale annonçait la fin d'une contre révolution, et à l'époque de la révolution de 1905 en Russie ? Cette mesure prise pour la première fois en France éclaira cependant le monde entier – sans apparaître hélas comme une mesure « de classe » - à l'image de l'impact de 1789, quoique de nos jours, avec la prégnance islamique et le pouvoir religieux dans tous les pays arabes et en Israël, on semble être revenu des siècles en arrière !

QUI PATRONNE LA DOMINATION REACTIONNAIRE DE L'ISLAM ?

LES BOURGEOISIES AMERICAINE ET ANGLAISE

 Ce que ne veulent pas voir les derniers mohicans ouvriéristes d'une classe ouvrière autruche, c'est que cette même classe ouvrière, qui reste en permanence un souci pour la classe dominante (même en feignant de s'en foutre) est constamment réduite à néant, niée et dissoute par trois angles d'attaque : la supercherie démocratique, l'antiracisme et la tolérance à l'islam. Les bobos, sous-fifres des grands bobos dominants, rament pour faire croire que la lutte des races a remplacé la lutte des classes. Avec leur théorie basique, le wokisme, ils pensent pouvoir continuer encore longtemps à mépriser les prolétaires, même en s'appauvrissant à leur tour. L'inintelligence artificielle prospère, il n'y a plus que deux classes en opposition : la raciste et l'antiraciste ! autrement dit, le croyant et le mécréant !

L'inspiration anti-ouvrière et wokiste vient tout droit des USA où les pires réacs islamistes, Boutelja et cie ont été prendre leurs leçons, elle à Berkeley et Rokhaya Diallo à Washington.. Avec nombre de projets comiques dans leurs valises comme celui de se servir du truisme islamophobique pour réintroduire le délit de blasphème sous couvert d'antiracisme. Le révisionnisme musulmaniaque crée une philosophie hachis Parmentier hallal : les agités du bonnet décoloniaux parlent aujourd'hui de « rationalité blanche » pour disqualifier Descartes et Marx6

Des tribunaux de charia ont été institués en Angleterre. C'est dans ce même pays que le leader trotskien Chris Harman avait publié un texte dans les années 1990 qui expliquait que la classe ouvrière devait faire une alliance objective avec les islamistes pour l'emporter. L'histoire de la plus vieille nation capitaliste – cf. l'article de Victor Hugo que j'ai reproduit dans mon message blog de juillet 2014 - l'Angleterre, montre comment la classe dominante peut alterner période de pruderie extrême (réaction) et période de relâchement des mœurs. Autant aujourd'hui, la bourgeoisie britannique nous joue la farce du multiculturalisme qui est surtout merchandising7 – à Londres des policières portent le voile islamique et des quartiers entiers ressemblent à Islamabad – autant à l'époque victorienne l'irlandais était considéré comme un sous-genre humain (préjugé qui n'a pas non plus vraiment disparu pour les ex-colonisés en France), autant la femme n'était qu'un objet. Les femmes anglaises obtiennent le droit de vote en 1869, les françaises presque un siècle plus tard, mais dans les deux cas, cela ne changera rien à leur condition d'oppression.

La condition féminine dans la société victorienne présente bien des aspects d'oppression comparable à la charia, mais le dépassement de cette condition de femme « désincarnée » (corps perçu comme abritant une âme pure et innocente comme un enfant) va nous permettre de comprendre que la femme musulmane peut aussi s'échapper de la prison religieuse comme la femme victorienne a pu s'échapper d'une société étouffante soutenue par une religion arriérée ; avec cette différence que, n'en déplaise aux bourgeoises féministes, c'est sous la pression et avec l'éclosion de la force ouvrière, et surtout des révolutions du début du 20e siècle que la question de l'émancipation politique des femmes, pas seulement des nanties pour leurs hobbies, sera véritablement posée, comme elle ne pouvait pas l'être avant8.

Enfin la cause du fanatisme religieux ne serait pas une religion arriérée mais l'impérialisme occidental...une des formes de résistance à son encontre. Pour en finir avec cette sous gauche de chiottes, qu'il me suffise de rappeler que ces braves antiracistes wokiens et urbains soutiennent les nations « du sud », y inclus une Palestine en morceaux, où les best-sellers sont « les protocoles des sages de Sion » et Mein Kampf. Des références à la révolution et au prolétariat ! 

La religion n'est plus simplement un opium du peuple, elle est comme l'opium, elle peut rapporter gros, elle est utile à la marche du système. Tout comme elle sert de carburant aux « minorités » « lésées », petits dealers de banlieue qui ne vont pas s'abaisser à travailler pour des salaires minables, grands dealers criminels des cartels de la drogue ; de plus vendre aux mécréants n'est pas un péché. La drogue et son commerce servent autant les armées démocratiques que celles qu'on nomment terroristes


djihadistes. L'armée américaine a vu l'utilité de la circulation de la drogue au temps des massacres au Vietnam pour doper ses soldats, les achats d'armes par les gangs rivaux sont accessibles grâce à la vente de la drogue à l'échelle élargie et pour l'élite du spectacle perverse et la députation si bien nommée..

Enfin décomposition idéologique, religion et monde sans espoir créent un nouveau lumpenprolétariat, complètement éloigné de la classe ouvrière contrairement au dix neuvième siècle, une voyoucratie qui sert diablement aux campagnes idéologiques pour « protéger les citoyens », avec l'accord des chefs religieux...

 C'est pourquoi sortir de cette période réactionnaire restera impossible sans une critique impitoyable de l'islamisation impérialiste !




1Que le Zarathoustra français proudhonien Michel Onfray a entrepris de liquider, cf. Le crépuscule d'une idole.

2Contrairement à ce que s'obstine à affirmer le sinistre Courtois dans la biographie collective sur Poutine qui vient de sortir.

3Mais qui fonctionne comme une religion avec ses rites sacrés, la liturgie nazie éructée, le port des flambeaux de nuit, les croix ...gammées !

4La Tentative de putsch  du général Kornilov, chef de l’état-major, qui avait remis au pas l’armée, tentant de s’emparer du pouvoir, fut un moment contre-révolutionnaire. La mobilisation à Petrograd pour la «lutte contre la contre-révolution» redonna un nouveau souffle à la révolution, et surtout aux bolcheviks.

5Dans leur séance de nuit du 23 mars 1871, les délégués de l’Association internationale des Travailleurs et de la Chambre fédérale des Sociétés ouvrières lancent un appel aux travailleurs pour les élections à la Commune et ils rappellent leurs revendications dont « l’instruction gratuite, laïque et intégrale ». On ne doit donc pas s’étonner si un des premiers décrets promulgués par la Commune est ce­lui de la séparation de l’Église et de l’État. À la séance du 2 avril 1871 de la Commune, le projet est présenté par le citoyen Pyat au nom de la Commission exécutive. Le décret est adopté à l’unanimité (J.O. du 3 avril 1871) :

6« Quand la peur gouverne » de Carine Azzopardi, p.143.

7L'apparition généralisée du voile en Europe occidentale n'est qu'un produit de marque. Depuis la fin des années 1970 les ados ne veulent porter que « de la marque » vestimentaire. C'est l'habit qui fait le moine, c'est le voile qui fait le jean. Le marquage commercial fonctionne avec l'impératif de l'imitation, pourquoi n'en serait-il pas de même avec le voile spectaculaire et tentaculaire ? Même si personne n'a osé encore le voile nike, il est divers, coloré, souvent érotiquement disposé laissant apparaître de beaux cheveux et des boucles de jais, sauf pour les moches et les pots à tabac. Le voile obéit donc plus à la dictature des marques qu'à la dictature du Coran. Il choque comme choquaient dans les sixties les jeans passés à la javel ou les premiers baggys des années 80. Il n'est pas uniquement le symbole de la servitude féminine, comme le rappelle Ibn Warraq (p.376), il est surtout symbole de possessivité d'une « marchandise » ; la femme au 21ème siècle ne reste-t-elle pas la plus essentielle marchandise de l'homme, qu'il la vête chez Dior ou à l'étal folklorique de la porte de Montreuil ? Leur voilage tient plus du comportement anarchiste de défi que d'une sereine et profonde croyance qui, comme la sagesse, n'a ni besoin de provoquer ni de se faire valoir. C'est une mode et qui disparaîtra comme la mode islamique, comme la mode des casquettes ouvrières et des chapeaux haut de forme des bourgeois d'avant-guerre.

8C'est au cours de la vague de printemps des peuples de 1848 que les femmes commencent d'ailleurs à prendre la parole dans la rue, les associations et les journaux. Le chemin sera encore long. Contrairement au réac Sylvain Maréchal, Saint-Simon prêchait l'émancipation jumelle des prolétaires et des femmes depuis le début des années 1800. Contrairement aux interprétations ou aux lacunes des féministes bourgeoises, la question du vote des femmes est liée au mouvement ouvrier, lequel ne néglige jamais vraiment cette question. Même si l'Angleterre a précédé la France d'un siècle pour accorder le droit de vote aux femmes – ce qui n'avait nullement révolutionné le cas de la femme anglaise – la problématique redoutée par la plupart des ouvriers engagés dans le syndicalisme et le socialisme (la femme vote pour les curés) était une réalité, comme est une réalité l'autorité de l'imam chez les musulmanes, même pour les questions les plus intimes. Cette opinion dominante chez les ouvriers électeurs depuis peu n'était pas réactionnaire parce que la plupart des femmes ne travaillaient pas encore et n'étaient pas au fait de la nécessité de se débarrasser de l'obscurantisme pour s'émanciper.



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