PAGES PROLETARIENNES

mercredi 1 février 2017

DONALD TRUMP UN REVOLUTIONNAIRE?



"Les conditions bourgeoises de la production et du commerce, les rapports de propriété bourgeois, la société bourgeoise moderne, qui a fait éclore de si puissants moyens de production et de consommation, ressemble à ce magicien, désormais incapable d’exorciser les puissances infernales qu’il a invoquées.(...) Une épidémie sociale éclate, qui, à tout autre époque, eût semblé absurde : l’épidémie de la surproduction. Brusquement la société se voit rejetée dans un état de barbarie momentanée ; on dirait qu’une famine, une guerre de destruction universelle lui ont coupé les vivres ; l’industrie, le commerce semblent anéantis. Et pourquoi ? Parce que la société a trop de civilisation, trop de vivres, trop d’industrie, trop de commerce ".
Manifeste communiste (1847)
" Les germes de la décomposition politique sont bien là".
 (l'ex-premier ministre bourgeois Valls après sa défaite face au marchand de sable Hamon)


LA VRAIE NATURE DE BERNADETTE TRUMP ET SES REPERCUSSIONS

Après maintes manifestations de protestations féministes et des quolibets de la part des acteurs hyper-milliardaires d'Hollywood, nombre de grands groupes patronaux, en particulier ceux de la Sillicon Valley qui emploient des milliers d'ingénieurs étrangers - Apple, Microsoft, Google, Airbnb ou Netflix - ont jugé "contraires aux valeurs américaines" les restrictions à l'immigration par le nouveau président Donald Trump, contestée dans le monde entier aux dires de la presse internationale; un honnête PDG du plus important groupe de banksters s'en est plaint à son tour très démocratiquement: "Ce n'est pas une politique que nous soutenons et je [vous] ferai remarquer qu'elle a déjà été contestée devant un tribunal fédéral et certaines dispositions du décret ont déjà été bloquées, au moins temporairement", a fustigé Lloyd Blankfein, PDG. de Goldman Sachs, faisant mine d'oublier que nombre de ses collègues de cette mafia d'affaires sise à Wall Street n'avaient pas trouvé malodorant de rejoindre la nouvelle équipe au pouvoir.
Partout dans l'Occident "évolué", chefs d'Etat et caciques de la gauche bourgeoise traditionnelle ont mis en garde le nouveau et "imprévisible" maître du monde sur sa politique de fermeture à l'immigration. Après avoir été décrit des mois durant comme un clown "imprévisible", Trump est à présent qualifié d'incompétent manipulé - par le "léniniste" Bannon - selon les élites journalistiques de Washington et New-York. Du nom de ce conseiller politique issu de l'extrême droite américaine qui a déclaré être fier du qualificatif avec un mélange d'humour et d'amalgame outrancier: "Lénine voulait détruire l'Etat et c'est aussi mon objectif. Je veux tout mettre par terre et détruire l'establishment".
En France, un abonné au soutien sans faille à Israël et à la diplomatie US, Alexandre Adler - sachant que Trump est adoubé par Netanyaou - ne se borne pas à le qualifier de danger public, voire de nouvel Hitler comme tous les affolés de face book et des milieux gauchistes antifa: "... Trump n'est ni dénué d'astuces ni dépourvu d'intelligence, il parvient, dans son déluge verbal à faire des propositions parfois de bon sens. Je ne suis ni totalement hostile à son protectionnisme, ni totalement opposé à son idée de se replier de théâtres d'opération dans lesquels la puissance américaine a été mal engagée".
Tous les gauchistes repentis et aigris, dits communisateurs, les "Temps critiques", Dauvé et autres Roland Simon, qui ont tant décrié "l'empire américain" devraient être contents de voir un nouvel empereur... américain en fonction! Au lieu de quoi la guerre est déclarée dans les salons du monde entier à son racisme et à sa misogynie (accusations qui ne reposent que sur des provocations verbales et des poses d'hidalgo).
Cette élection américaine, par laquelle le scandale est arrivé - élisant un dandy , coiffé comme une rombière, avec moins d'électeurs que sa concurrente ultra-bourgeoise et affichant richesse et harem - s'est pourtant déroulée dans les règles du cirque électoral américain traditionnel avec chapiteaux étoilés, magiciens, clowns et éléphants. Pourri par l'argent, le népotisme, la corruption, la vantardise et les effets de manche la prude démocratie ricaine n'est pas moins pourrie que ses vieilles consoeurs européennes. Mais, sous les protestations antiracistes la noria des politiciens démocrates renvoyés en opposition ainsi que la myriade de leurs amis richissimes d'Hollywood, de la Sillicon Valley, accompagnés par la multitudes de gauchistes de base, l'élection de l'imprévisible Trump a deux dimensions très prévisibles: le dégoût d'une large partie de la population contre le capitalisme financier et ses élites cyniques et souriantes, et une réorientation impérialiste.
Plutôt que l'accusation de raciste à tout bout de champ, comme hier tout contradicteur était qualifié de facho, ou d'islamophobe, néologisme inventé pour remplacer nazi, ces braves stigmatisateurs feraient mieux de voir une similarité entre la moustache volante de Napoléon III et la moumoute de Trump. Classiquement le bonapartisme est un courant de droite de la bourgeoisie qui prétend s'élever au-dessus des querelles de partis, pour affirmer la primauté de la nation et qui repose sur un chef autoritaire qui concentre le pouvoir dans ses mains. Trotsky en a donné en 1934 une définition très éclairante et qui est encore si actuelle (alors qu'elle était insuffisante à l'époque pour qualifier nazisme et stalinisme: "
"Un gouvernement qui s'élève au‑dessus de la nation n'est pourtant pas suspendu dans le vide. L'axe véritable du gouvernement actuel passe par la police, la bureaucratie, la clique militaire. Nous avons affaire à une dictature militaro-­policière à peine voilée sous le décor du parlementarisme. Mais un gouvernement du sabre en tant qu'arbitre de la nation ‑ c'est précisément le bonapartisme. Le sabre, en lui-même, n'a pas de programme indépendant. Il est l'instrument de « l'ordre ». On fait appel à lui pour conserver ce qui existe. S'élevant politiquement au‑dessus des classes, le bonapartisme, comme son prédécesseur le césarisme, a toujours été et reste, du point de vue social, le gouvernement de la partie la plus forte et la plus solide des exploiteurs; par conséquent, le bonapartisme actuel ne peut être rien d'autre que le gouvernement du capital financier qui dirige, inspire et achète les sommets de la bureaucratie, de la police, de l'armée et de la presse".
Un article éditorial sur le site du NPA, bien que dans la rue il donne de la voix avec les autres sectes anarchistes et féministes contre le "raciste Trump", a bien saisi la nuance bonapartiste de ce clan de milliardaires népotistes, en reprenant les propres paroles démagogiques de Napoléon Trump lors de son discours d'investiture:
« Nous allons ramener nos emplois. Nous allons rétablir nos frontières. Nous allons retrouver de la richesse. Et nous allons revivre nos rêves », prétend-il. Une démagogie qui s’adresse en fait à la bourgeoisie américaine et n’a d’autre but que de justifier le pouvoir autoritaire qu’il met en place en s’appuyant, au nom du peuple, sur une poignée d’oligarques de la finance et sa propre famille. « Parce qu’aujourd’hui non seulement nous transférons le pouvoir d’une administration à une autre ou d’un parti à un autre, mais nous transférons le pouvoir de la capitale Washington et le donnons à nouveau à vous, le peuple américain. »
Le vieux rédacteur de Lutte Ouvrière, lui, certes jaloux que papy Trump capte tant de jolies femmes, et criant au raciste, analyse bien le tournant protectionniste de la bourgeoisie américaine du trublion matière à scandale, un peu avant le résultat prévisible de l'élection:
"Trump donne l’illusion d’être celui qui, parti de peu, est devenu milliardaire, incarnant le « rêve américain », impression renforcée par ses mariages successifs avec deux mannequins et une actrice, toutes bien plus jeunes que lui. Une forme de réussite qu’il a mise en scène dans des émissions de télé-réalité. Trump va plus loin que bien des politiciens de carrière sur le terrain des préjugés racistes, ravissant une partie de l’électorat. Ce faisant, il ne fait qu’engranger ce que d’autres ont semé bien avant lui en vantant le protectionnisme, « achetez américain », en blâmant les immigrés et les produits chinois, etc., pour prétendre lutter contre le fléau du chômage. Malheureusement, des décennies de propagande nationaliste de la part des appareils syndicaux, soutenant ainsi de fait le patronat américain contre ses concurrents, n’ont fait que préparer le terrain pour qu’un démagogue tel que Trump obtienne des voix au sein de la classe ouvrière.
Avec des déclarations comme celle-ci : « Je vais ramener les emplois qui sont partis en Chine, au Mexique, au Japon, au Vietnam. Ils prennent nos emplois et notre richesse. Je vais ramener tout cet argent ici », Trump espère dresser les travailleurs américains contre ceux des autres pays, tout en cachant la responsabilité des patrons dans la montée du chômage. Ce sont pourtant eux qui augmentent leurs profits en se débarrassant sans cesse de travailleurs réduits à l’inactivité pendant que ceux qui restent au travail sont surexploités. Il faut noter que Sanders s’est placé sur le même créneau protectionniste (nota bene)". Et, tout en criant encre au raciste, notre trotskien anonyme montre bien que Trump au bout du compte n'a pas l'intention de léser les patrons américains quant à une main d'oeuvre immense, à bon marché:
"Les diatribes de Trump contre les musulmans, auxquels il veut interdire d’entrer aux États-Unis en prétendant que « des dizaines de milliers » immigrent « avec le drapeau de Daech dans le téléphone portable », et contre les autres immigrés ont déjà comme conséquence d’encourager le racisme à leur encontre. Et s’il devenait président, tous les Latino-Américains qui réussissent à traverser le Mexique et la frontière américaine, prenant, dans l’espoir d’une vie meilleure, à peine moins de risques que ceux qui traversent la Méditerranée, se verront peut-être confinés encore plus qu’actuellement dans un statut de parias illégaux. Mais, qu’il fasse construire ou pas le mur censé isoler le territoire américain du Mexique, Trump adaptera sa politique au fait qu’aux États-Unis de nombreux employeurs exploitent ces travailleurs. Les plus de dix millions de sans-papiers resteront indispensables à l’activité économique, même si leur vie est rendue plus dure".

UN EMPEREUR ROMAIN CONFIRMANT LA DECADENCE CAPITALISTE?

Du côté des derniers larrons du milieu maximaliste l'analyse est un peu en dessous de celles des trotskiens les moins bêtes. Le CCI gratifie "l'horrible" Trump du grade d'empereur décadent, nouveau Néron "imprévisible". Pire, il imagine que ce nouvel empereur - à ne pas confondre avec le socialisant Napoléon III - n'est pas soutenu par l'armée (quand on sait que le dernier coup de pouce gagnant lui a été donné par le chef du FBI...). Le rédacteur du CCI tombe dans les affres de l'aile clintonienne de la bourgeoisie US en croyant que Trump n'est pas capable de faire face à "la dangereuse résurrection de l'impérialisme russe". Il se laisse entraîner également dans les fantasmes agités par les gauchistes de tout poil: "on va assister à une floraison de xénophobie populaire"!
Complètement à côté de la plaque. Non, au contraire, on assiste à une noria de protestations et pleurnicheries anti-racistes de tout ce qu'une partie de la bourgeoisie américaine comporte  d'artistes parasites et obligés du monde politique capitaliste, ainsi qu'au carnaval de manifestations de rue féministes, associativo-agitatrices pour éviter de réfléchir politiquement au tournant représenté par Trump, et même indépendamment de Trump. L'impérialisme russe n'est plus le grand danger (je rappelle encore que son PIB est comparable à celui de l'Italie). Nous assistons à une réorientation stratégique, attendue depuis longtemps par les faucons de l'Etat américain, vers une possible reconstitution de blocs impérialistes, opposant USA+Russie contre Allemagne+Chine. Tournant sur lequel je vais revenir plus précisément dans ses attendus idéologiques.
L'ex-Fraction du CCI, le GIGC, ne tombe pas dans les interprétations sur le nouvel empereur ricain, mais y voit une guerre inévitable - son rédacteur en chef sans troupes ne voit que la guerre ou la révolution dans la période qui vient, ce qui prouve une vision superficielle sur ce qui est en train de se passer, et le même simplisme que les gauchistes criant haro sur une "idéologie nationale et raciste". Sûr de son écho parmi les masses qui s'arrachent son blog, le rédacteur fonceur leur indique un axe prioritaire de leur combat contre le raciste Trump: refus du nationalisme et de l'union nationale"... au milieu des multiples et bruyantes contestations bourgeoises de Trump au pouvoir? Cet appel sûrement très internationaliste a peu de chance d'y être entendu.

LA FIN DE LA MONDIALISATION "HEUREUSE"

La mondialisation aura été au bout du compte comme la fiction d'une Europe épatante et pacifique, la mystification d'une époque. L'élection de Trump, comme le Brexit, la veste électorale de Matteo Renzi en Italie, et bientôt le résultat électoral français, ne traduisent pas une simple montée du populisme, chose que radotent journalistes et à leur suite de fieffés observateurs prolétariens ou gauchistes. Ces évènements successifs ont en commun une remise en cause de cette mondialisation dont la fable principale était (comme le mythe européen jadis) de mettre fin aux frontières. Ils démontrent que jamais la bourgeoisie, même avec ses grands marchés, n'a jamais voulu mettre fin aux frontières. Le monde a désormais "trop de forces productives" comme disaient Marx et Engels un an avant la vague des révolutions de 1848, et "la civilsation se voit jetée dans un état de barbarie momentanée...".
Trump exprime la vraie nature de la bourgeoisie, qui n'est pas et ne sera jamais internationaliste malgré l'affichage de ses chants islamophiles et antiracistes; il exprime moins les couches populaires et à un niveau moindre les couches ouvrières qui ont commis un vote protestataire qu'un changement de cap obligé qui fait voler en éclat la notion de mondialisation, non pour un simple repli sur un soi national, mais pour une réorientation impérialiste. La bourgeoisie américaine aura encore recours, et sous Trump, à une importante immigration, plus contrôlée certes. Mais comme le soulignait le rapport de la CIA pour 2020 (prévisions écrites vers 2005) l'immigration a changé de nature. Par ses outrances, qui ne sont qu'une des expressions des profonds besoins de survie de la bourgeoisie nationale américaine, par une cascade d'élections aussi frauduleuses que révoltantes, Trump et ses semblables pourraient bien provoquer des révolutions... en cela Trump serait un médiateur révolutionnaire malgré lui, malgré cette posture ridicule d'un fortuné à la tête d'un puissant Etat qui génère la misère et qui exhibe les cuisses de ses putes.
L'immigration, plus massive et conséquence de l'incurie des guerres locales impérialistes n'est plus un phénomène renforçant la classe ouvrière comme on le verra dans une deuxième partie, plus franco-française. Les bonapartistes ou populistes en sont très conscients, et la fraction dominante américaine, sous le régime Obama comme sous celui de Trump ne milite pas pour sa fusion dans la classe autochtone mais pour cloisonner cette immigration dans une religion totalitaire et aliénée.Trump n'est révolutionnaire protectionniste qu'en apparence, il s'inscrit en faite en continuité, même inversée dans le discours, avec la politique communautariste d'Obama.

COMMENT SERA LE MONDE EN 2020?

Présenté par Alexandre Adler, il commence par décrypter 13 certitudes relatives, d'où nous extrayons ces certitudes flageolantes dans "le grand jeu":
- Mondialisation largement irréversible pour un monde probablement moins occidentalisé,
- Un nombre croissant d'entreprises de taille mondiale facilite la propagation des nouvelles technologies,
- La montée de l'Asie et l'avènement de nouveaux poids moyens de l'économie,
- Des populations vieillissantes au sein de puissances établies...
Dans les incertitudes-clefs, des certitudes tout court: pas de réduction des inégalités entre nantis et laissés pour compte, montée de la Chine et de l'Inde, aptitude du Japon et de l'Europe à intégrer les populations immigrées, instabilité des pays producteurs de matières premières, montée de l'idéologie djihadiste, faculté des terroristes à acquérir des armes biologiques et nucléaires, quels pays défieront ouvertement Washington, etc.
Le discours de la CIA est encore celui qualifié d'antiraciste (et non pas d'appétence capitaliste à exploiter les immigrés) qui veut arracher les ouvriers à "l'islam politique":
"A l'extérieur du Moyen-Orient, l'islam politique continuera de séduire les immigrés musulmans attirés vers les opportunités d'emploi d'un Occident plus prospère, mais qui ne se sentent pas du tout familiers avec une culture qu'ils perçoivent comme étrangère et hostile" (p.79). Comprenez : la CIA veut les consoler en leur construisant des mosquées...
Les prévisionnistes de la CIA intègre déjà dix ans avant Trump la possibilité d'un renversement de tendance, avec une précision stupéfiante dans la prévision des attentats de masse:
"... un sentiment envahissant d'insécurité économique et physique pourrait entraîner un ralentissement de la mondialisation. Les gouvernements seraient amenés à prendre des mesures de contrôle sur les flux de capitaux, de biens, de personnes et de technologies  qui, à leur tour, mettraient la croissance économique en perte de vitesse. Une telle situation surviendrait à la suite d'attaques terroristes tuant des dizaines, des centaines ou même des milliers de citoyens dans des villes d'Amérique ou d'Europe, ou après contre des attques contre des systèmes liés aux technologie de l'information (sic). Les contrôles frontaliers et les restrictions dans les échanges de technologies augmenteraient le coût des transactions économiques et entraveraient l'innovation et la croissance. Parmi les autres accidents susceptibles de susciter la mise en oeuvre de politiques restrictives, citons un soulèvement populaire contre la mondialisation, provoqué par un rejet des délocalisations chez les cols blancs des pays riches. mentionnons enfin un éventuel mouvement de résistance des pays pauvres, dont les peuples se considèreraient comme les victimes de la mondialisation".
On peut dire que Trump aura suivi les conseils des brillants intellectuels prévisionnistes de la CIA, mettant fin à plusieurs délocalisations industrielles d'emblée, il confirme la fin de la théorie de la mondialisation heureuse, tout comme il évite de se révolter contre ce mirage disparu.
Le rapport prévoit l'afflux de "centaines de millions d'adultes en âge de travailler" vers un "marché mondial de plus en plus interdépendant". (p.109). Ce qui implique que la concurrence sera sévère et fera baisser les salaires: "Les conséquences de ces pressions concurrentielles dépendront de la réaction des leaders politiques et des décideurs publics. Sur un arrière-plan de récession économique mondiale, l'arrivée de telles ressources de main d'oeuvre pourrait déclencher des sentiments protectionnistes largement répandus" (p.110).

VIELLISSEMENT MONDIAL ET MIGRATIONS

Le rapport prévisionniste de la CIA est autrement plus sérieux que les prédictions fantaisistes et iréniques de Jacques Attali avec ses nomades transhumains (écrit à la même époque chez Fayard "une brève histoire de l'avenir" où il s'est gouré sur tout). Continuons notre lecture:
"L'immigration serait la solution potentielle de ce problème d'une force de travail déclinante en Europe et, dans une moindre mesure en Russie et au Japon. Elle deviendra sans doute un trait de plus en plus dominant du monde de 2020, même si beaucoup d'immigrés resteront  sans statut légal. Les pays d'accueil seront confrontés au défi de l'intégration des ces nouveaux immigrants, afin de minimer les risque sde conflits éventuels (sic). Pour les économies en voie de développement, la prise en charge des travailleurs immigrés est de plus en plus importante. Certains économistes ont calculé, que, pour la plupart des pays pauvres, ces sortes d'incitations financières à l'émigration constituent un meilleur moyen que les investissements directs à l'étranger et, dans certains cas, ils sont même plus intéressants que l'exportation".(p.160)
La CIA milite en faveur des politiques identitaires et contre la laïcité; Houellebecq dans son roman d'anticipation n'a fait à mon avis que plagier le rapport de la CIA:

"La primauté des identités ethniques et religieuses apportera à leurs adeptes une communauté toute prête, qui leur tiendra lieu de "filet de sécurité" en des temps de nécessité, facteur surtout très important chez les populations immigrées. De telles communautés fourniront aussi des réseaux susceptibles de donner accès à des opportunités d'emploi (...) L'Europe de l'Ouest se distingue de cette "religiosité"mondiale, sauf pour les communautés immigrées d'Afrique et du Moyen-Orient. Beaucoup de fonctions traditionnelles de l'Eglise - l'éducation, les services sociaux, etc. - sont maintenant remplies par l'Etat. Toutefois une laïcité plus envahissante (sic), plus insistante risque de ne pas favoriser l'acceptation culturelle des nouveaux immigrés musulmans. En effet, ces derniers considèrent l'interdiction d'arborer des signes d'appartenance religieuse dans certains pays européens comme discriminatoire" (p.195)
"Jusqu'en 2020, on peut s'attendre à ce que la propagation de l'islamisme radical ait un impact planétaire non négligeable, en ralliant des groupes ethniques et nationaux très divers, et peut-être même en créant une autorité qui transcende les frontières nationales. Une partie de l'attrait de l'islam radical réside dans l'appel au retour des musulmans vers leurs racines , quand la civilisation de l'islam (sic) occupait les avant-postes du changement mondial. Les sentiments collectifs de désaffection et de désunion sur lesquels mise l'islam ne risquent guère de se dissiper, en tout cas pas tant que le monde musulman n'apparaîtra pas pleinement intégré à l'économie mondiale.
L'islam radical va continuer à séduire beaucoup d'immigrants musulmans, qui seront attirés par l'Occident plus prospère, pour les emplois offerts, mais qui ne se sentent pas de plain-pied avec ce qu"ils perçoivent comme une culture étrangère" (ah ah, c'est le monde à l'envers!)

LA MUTATION DE L'IMMIGRATION

"La mutation des modèles d'immigration peut introdduire de nouveaux types de crime organisé dans des pays qui en étaient encore indemnes. Des groupes criminels organisés sur une base ethnique prennent en général pour proie leur propre diaspora, et s'en servent pour prendre pied dans de nouvelles régions" (p.216).

VERS L'INTENSIFICATION DES CONFLITS INTERNES

"Ces conflits internes sont souvent particulièrement cruels, ils durent longtemps et il est difficile d'y mettre un terme. Ils provoquent souvent des déplacements de population à l'intérieur des frontières et génèrent des flux de réfugiés vers l'extérieur, en déstabilisant les pays voisins".
"Si un conflit impliquant une ou plusieurs grandes puissances devait survenir, les conséquences seraient incalculables. les progrès des armements modernes - portée et précision balistique accrues, apparition de munitions conventionnelles destructices - créent un précédent qui encourage l'usage préventif de la force militaire".

à suivre...










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