PAGES PROLETARIENNES

mardi 1 novembre 2016

COMMENT LE CAPITALISME FINANCIER ORCHESTRE L'ELECTION AMERICAINE

Un jour des historiens s'interrogeront sur l'étrange mort de Ben Laden1. En 2011 c'est à dire à la veille de la réélection pour un deuxième mandat de Barak Obama. Ils s'interrogeront aussi sur la fin programmée de daech à Mossoul à la veille du départ d'un Obama faisant tout pour passer le relais à Madame Clinton. Derrière ces guerres renouvelées il y a évidemment toujours les bagarres au sein du capitalisme financier. La fin annoncée du sinistre daech, comme celle d'Al Qaida – avant un autre auccesseur opaque – servira-t-elle plus l'élection de Clinton femme que les débilités de l'archi-milliardaire Trump ? Ou les dernières révélations embrumées sur les e-mails mal protégés de la dame de l'establishment vont-elles donner ses chances au bateleur de foire populiste ?Le FBI n'est-il pas que le porte-parole de l'autre faction US qui préfère le diable à moumoute à la mamie flouée par son mari, mais accroc aux millions accumulés par le clan familial et future va-t-en guerre? Une chose est sûre pour "faire de la politique" aux USA, il faut être milliardaire et élections rime avec banksters (cf. le trader truand Marc Rich (sic) ressorti des cartons).
Derrière les pitreries de café de commerce et de blagounettes pour boite échangiste, un combat féroce se mène entre deux factions US impérialistes et pétrolières, et rivales. Souvent les mêmes factions que lors de la guerre du Vietnam. Les deux principaux trusts qui avaient eu intérêt à la guerre du Vietnam – General Electric et Exxon – sont derrière le clan Clinton. En face l'autre faction US représentée par Trump groupe d'autres compagnies dont celles qui font les recherches pétrolières en Mer du Nord, en conjonction avec les Russes, ce qui explique les relations plus compréhensives de cette faction avec Poutine et les services rendus régulièrement par les hackers russes (et Assange)...
Ce n'est en tout cas pas la révélation que la candidate recevait les questions avant ses interviews qui va la déstabiliser. Aux states comme en France ou ailleurs il faut être sacrément naïf (sauf exception rarissime) pour ignorer que les suce-boules journalistes sont tenus de faire parvenir leurs questions aux divers politiciens avant même de les poser oralement ; exception étant faite pour les merdes de minorités marginales d'extrême gauche ou d'extrême droite. De Gaulle recevait toutes les questions dûment écrites, et avec sa mémoire extraordinaire de jésuite – lorsqu'une question était oubliée – il disait : « je crois me souvenir que quelqu'un m'avait posé une autre question".
L'époque de pourriture de la démocratie fantaisiste et dictatoriale de la bourgeoisie fait la part belle aux « lanceurs d'alerte » (quitte à en maintenir certains en prisons ou sous accusation infâmante fabriquée, voire taxés d'alimenter la fachosphère complotiste). Sur les E-mails piratés, la mère Clinton n'en est pas à un coup d'essai. Tout le monde a oublié que le premier août dernier, Wikileaks avec Assange déclarait : « Les E-mails piratés d'Hillary montrent qu'Hillary arme les djihadistes ». Et d'argumenter :
Selon un rapport d'enquête dans The Canary par l’universitaire et journaliste respecté Nafeez Ahmed: Des documents obtenus par plusieurs enquêtes journalistiques révèlent que Lafarge a payé des impôts au groupe terroriste afin de pouvoir continuer à exploiter son usine de ciment en Syrie, et a même acheté du pétrole à Daech/ISIS pendant des années ...  Lafarge a également des liens étroits avec la candidate présidentielle démocrate Hillary Clinton. Lafarge est un donateur régulier à la Fondation Clinton.  Clinton elle-même a été administrateur de Lafarge au début des années 1990, et a fait un travail juridique de l'entreprise dans les années 1980. Au cours de sa connexion à Lafarge, l'entreprise a été impliquée dans la facilitation d'un réseau, soutenu par la CIA, d'exportation d'armes secrètes pour Saddam Hussein.Parmi ses premiers bienfaiteurs était l'ancienne première dame et la candidate présidentielle actuelle, Hillary Clinton. De 1990 à 1992, Clinton a siégé au conseil d'administration de Lafarge. Sous son mandat, la filiale de Lafarge en Ohio a été attrapée brûlant des déchets dangereux pour alimenter ses cimenteries. Clinton a défendu Lafarge à l'époque ».
Mais le background de la mère Clinton est plus louche encore, et relève du cynisme sans fard de
l'oligarchie. Candidat malheureux à l'élection la plus minable de toute l'histoire de la bourgeoisie américaine, Bernie Sanders, sorte de Mélenchon mieux calibré, et populaire dans la classe ouvrière américaine, avait accusé Hillary Clinton d'avoir fait des discours payés par la banque d'affaires Goldman Sachs. «Moi je ne reçois pas d'argent des grosses banques, avait déclaré le sénateur du Vermont. Je me méfie des gens qui reçoivent des grosses sommes venant de Wall Street.»  
Depuis que la mère Clinton a quitté son poste de secrétaire d'État en 2013, elle a en effet gagné 675.000 dollars rien que pour ses discours chez Goldman Sachs. Mentionner ses liens avec cette banque, qui symbolise tous les excès de Wall Street, est de nature à décoiffer ses soutiens grands bobos de la rue de Solférino et risquer de se faire traiter d'antisémite. La banque la plus pourrie du monde favorise la girouette la mieux placée pour les intérêts impérialistes de la faction bourgeoise américaine en poupe, aussi bien républicaine que démocrate. Ce coup-ci pourtant, elle banque pour le gang dit démocrate, comme en 2008 ou Goldman Sachs était la deuxième source de financement de la première campagne d'Obama.
 Comme l'a rappelé l'honnête Bernie Sanders, cette aide est soumise à condition : la plupart des hauts postes à la Réserve Fédérale et au Département du Trésor doivent être réservés aux anciens de Goldman Sachs, sorte d'Etat stalinien dans l'Etat démocrate ; tout comme ses serviteurs infiltrés dans la poulpe européenne bénéficient automatiquement du retour d'asscenseur comme le larbin Barroso.
Hillary Clinton avait refusé de publier ses discours prononcés auprès de plusieurs institutions financières de Wall Street. L'emmerdeur pro-russe WikiLeaks a publié vendredi des extraits de ces allocutions. Grassement payée (près de 600 000 dolllars au total pour ses discours à Goldman Sachs), elle y déclare qu’elle est foncièrement en faveur du libre-échange, qu’elle serait prête à équilibrer le budget fédéral et à augmenter l’âge permettant de toucher Social Security (retraites).
Il y a tant d'autres infosà faire gerber la classe ouvrière mondiale... par exemple les contributions directes aux campagnes d’Hillary Clinton, notamment pour un siège au Sénat en 2000, pour la présidence du pays en 2008, puis en 2016, soit un total de 712,4 millions de dollars au 30 septembre 2015, selon les données publiées récemment par Open Secrets. Sur cinq sources de financement majeures, quatre sont de grandes banques : Citigroup Inc., Goldman Sachs, JPMorgan Chase & Co., et Morgan Stanley.
Ou encore les aléas de la fondation Clinton, que nous révèle l'Obs : « Cependant, la plupart des grands bienfaiteurs de l’association font partie des donateurs qui ont apporté leur soutien à Hillary Clinton à chaque campagne électorale et versé des honoraires à six chiffres. Pour ces donateurs, en majorité des sociétés, le lien qu’ils établissent avec les Clinton est aussi important que les causes défendues par l’association. D’après l’analyse des fonds de la Fondation Clinton publiée en février 2015 par le Washington Post, le secteur des services financiers représente la plus grande part des entreprises donatrices. La fondation compte également comme donateurs principaux des entreprises spécialisées dans les énergies et la défense nationale, ainsi que les gouvernements étrangers avec lesquels elles font commerce.(...) Le forum annuel "Clinton Global Initiative" offre un cadre idéal pour les transactions entre les Clinton et leurs bienfaiteurs. Parmi les sponsors de l’événement qui s’est tenu à New York en 2014 et 2015 se trouvaient notamment HSBC, Coca Cola, Monsanto, Proctor & Gamble, Cisco, PricewaterhouseCoopers, Blakstone Group, Goldam Sachs (bis repetita) Exxon Mobile, Microsoft et Hewlett Packard. Moyennant la somme minimum de 250.000 dollars, les chefs d’entreprise présents lors de ces forums jouissent d’un certain nombre de privilèges dont la possibilité de rencontrer les Clinton2.   La révélation de ses discours pour Goldman Sachs avait été du pain bénit pour son rival comique troupier à la primaire démocrate ; le brave Bernie Sanders, estimant qu’elle ne pouvait pas réguler les sociétés qui en même temps la rétribuaient....
Donald Trump a essayé d’utiliser contre elle ces courriers volés (disons hackérisés par les amis russes), l’accusant notamment de ne pas avoir sécurisé des documents internes à l’administration américaine en utilisant un e-mail privé alors qu’elle était secrétaire d’Etat, ce qui est fort le café de la part d'un concurrent qui s'affiche plutôt nationaliste mais poreux aux services secrets russes.
Il s’est également lourdement appuyé sur les révélations de Wikileaks montrant que Mme Clinton, lors de discours privés à des géants bancaires en 2013 et 2014, avait pris position pour le libre-échange et l’autorégulation de Wall street, en opposition avec son discours de candidate, mais le milliardaire n'a pas vraiment capitalisé des critiques déjà faites en leur temps par Bernie Sanders, lui-même n'étant pas très net vu son faramineux enrichissement en léger déclin.

DES HISTOIRES DE SLIP OU UNE CYNIQUE GUERRE POUR LE POUVOIR FINANCIER ?

 Dans cette polémique à fleurets mouchetés, quelques fois à coup de sabre porno (les affaires de sexe en politique émoustillent toujours nos rudes parpaillots ricains), la vérité n'est pas lisible par les classes exploitées qui n'y voient que coups bas du traditionnel carnaval électoral américain et ridicule autour de personnes grotesques et de banquets noyés sous les fanions étoilés, où les pauvres sont les plus cons du monde car ils admirent les riches qui, eux, "ont réussi", où la notion de classe ouvrière est noyée sous les termes imbéciles de classe moyenne.
Entre les lignes, et les effets de manche, les découvertes sensationnelles de la dernière ligne droite, plutôt tordue, nous, observateurs attentifs et déniaisés, apercevons les deux factions couteaux entre les dents et kalachnikov toujours chargée dans le coffre arrière. Bien sûr que la faction dominante – qui veut rester dominante et s'afficher nettement belliciste - avec Hillary Clinton, comme avec son futur prédécesseur Obama, marche main dans la main avec les pétromonarchies criminelles d'Arabie Saoudite et autres émirats bonux, tous ces fondateurs de générations de mercenaire terroristes islamingants, dans ce combat opaque entre impérialistes sur le dos de la population civile mondiale. La cheville ouvrière n'est pourtant qu'une petite secrétaire mais sa bio en dit aussi long que les gaffes de Clinton femme.
Née dans le Michigan de parents enseignants d'origine indienne et pakistanaise, Huma, qui a passé son enfance en Arabie Saoudite avant de revenir faire ses études supérieures aux États-Unis, était arrivée comme stagiaire à la Maison Blanche en 1996, alors affectée au bureau de la Première dame. Elle n'y aurait pas fait de pipe (hilarité). Elle suit la pas marrante Hillary lorsque celle-ci devient sénatrice de l'État de New York en 2001 et devient sa directrice de cabinet. Depuis, elle la suit partout, portable en main, y compris à la Fondation Clinton ou aux apéros chez Goldman Sachs et dans les piscines parfumées des pachas saoudiens. .
Le 10 juillet 2010, elle épouse Anthony Weiner, élu démocrate du Congrès, alors promis à un bel avenir politique. Bill Clinton officie à leur mariage. Le couple a un fils, Jason, né en décembre 2011. Mais entre-temps, Anthony Weiner a dû démissionner en mai 2011, après avoir reconnu avoir envoyé des photos de son slip bombé à des inconnues sur Twitter. En mai 2013, il annonce néanmoins sa candidature à la mairie de New York. Deux mois plus tard, de nouvelles accusations font surface, montrant qu'il continue à envoyer des messages lubriques sur la toile, derrière le surnom "Carlos Danger". La presse américaine en fait les gorges chaudes le nommant désormais camarade Wiener (qui signifie pénis en argot US). La polémique, toujours plus bas que la ceinture fait rire, anime comme en France les émissions pipole-politique mais empêche toute réflexion sérieuse sur la réalité de la guerre souterraine entre factions bourgeoises.

La vérité sur la façon de traiter, par la presse européenne, de la même manière superficielle que les médias américains est bien vue par des internautes lambdas comme celui-ci : « ...vous ne saisissez pas tous les aspects de cette affaire...Au delà de l’échange de documents classifiés sur un serveur privé à l'usage "illégal", qui se retrouvent en partie sur du matériel appartenant a Huma Abedin (d'origine saoudienne, a propos de laquelle on se demande pour qui elle roule) , il y a les activités criminelles des Clintons= trafic d'influence entre la Fondation, les donateurs "extérieurs" et le Département d'Etat ou l'Administration en général....qui explique leur enrichissement.
Le serveur utilisé illégalement a probablement été mis en place pour mener ces activités criminelles en toute discrétion. Les services rendus par le Département d'Etat contre des $$$ versés a la C. Fondation sont probablement dans les 33000 emails effacés... jusqu'à maintenant le FBI se concentrait sur l'utilisation illégale d'un serveur privé dans le cadre des fonctions de HC au Département d'Etat. Mais là il se pourrait bien que l'on retrouve sur le disque dur de l'ordinateur récemment saisi d'Hama Abedin les 33000 emails que HC a effacés... ».
PLUS GRAVE, il faut lire l'article du pro-russe Meyssan, qui va plus loin, même s'il faut toujours le lire avec prudence : « Dans un premier temps, le FBI a observé que le serveur privé n’avait pas la sécurisation du serveur du département d’État. Mme Clinton n’avait donc commis qu’une faute de sécurité. Dans un second temps, le FBI a saisi l’ordinateur de l’ancien membre du Congrès, Anthony Weiner. Celui-ci est l’ancien époux d’Huma Abedin, directrice de cabinet d’Hillary. Des e-mails provenant de la secrétaire d’État y ont été retrouvés ».
« Huma Abedin est une états-unienne ayant été élevée en Arabie saoudite. Son père dirige une revue académique —dont elle fut durant des années la secrétaire de rédaction— qui reproduit régulièrement l’avis des Frères musulmans. Sa mère préside l’association saoudienne des femmes membres de la Confrérie et travaillait avec l’épouse du président égyptien Mohamed Morsi. Son frère Hassan travaille pour le compte du cheikh Yusuf al-Qaradawi, le prêcheur des Frères et conseiller spirituel d’Al-Jazeera » 3.

Conclusion de Meyssan : « Sachant que la totalité des leaders jihadistes dans le monde sont soit issus de la Confrérie, soit de l’Ordre soufi des Naqshbandîs —les deux composantes de la Ligue islamique mondiale, l’organisation saoudienne anti-nationaliste arabe— on aimerait en savoir plus sur les relations de Madame Clinton avec l’Arabie saoudite et les Frères.
Il se trouve que dans l’équipe de son challenger Donald Trump, on compte le général Michael T. Flynn qui tenta de s’opposer à la création du Califat par la Maison-Blanche et démissionna de la direction de la Defense Intelligence Agency (Agence de Renseignement militaire) pour marquer sa réprobation. Il y côtoie Frank Gaffney, un « guerrier froid » historique, désormais qualifié de « conspirationniste » pour avoir dénoncé la présence des Frères dans l’État fédéral.
Il va de soi que, du point de vue du FBI, tout soutien aux organisations jihadistes est un crime, quelle que soit la politique de la CIA. En 1991, les policiers —et le sénateur John Kerry— avaient provoqué la faillite de la banque pakistanaise (quoiqu’enregistrée aux îles Caïman) BCCI que la CIA utilisait pour toutes sortes d’opérations secrètes avec les Frères musulmans tout autant qu’avec les cartels latinos des drogues ».
En tout cas une chose est sûre, plus que d'habitude le taux d'abstention de la classe ouvrière américaine va être encore considérable.
Passant l'autre jour à Montrouge devant l'école primaire qu'avait fréquenté Alfred Rosmer enfant, j'ai eu envie de le relire pour mieux comprendre les difficultés du présent.


« Ces choses sont plus compliquées; il faut comprendre que les gouvernements ne s’engagent dans ce
Nous briserons les frontières!
qui reste pour eux une redoutable aventure que lorsqu’ils ont acquis la quasi-certitude d’entraîner la nation tout entière derrière eux, que lorsqu’ils sont parvenus par une préparation patiente et habile à égarer le prolétariat. Quand la guerre passe, c’est que la classe ouvrière a déjà été vaincue; défaite écrasante lorsque ses chefs se rallient à l’ennemi de classe, font cause commune avec lui : l’union sacrée se dresse sur les ruines de l’internationalisme prolétarien.
J’ai donc décrit longuement l’oubli soudain des décisions de congrès, des décisions solennelles qui engageaient devant le monde ouvrier ceux qui les votaient, le passage de l’insurrection contre la guerre à l’union sacrée pour la guerre, dans chacun des grands groupements de la classe ouvrière. Je les ai pris séparément et suivis pendant cette période de ténèbres quasi complètes. Cette méthode rendait inévitables des redites mais elle trouvait un avantage compensateur dans le fait de ramener le lecteur sans cesse devant la situation vraie — la situation créée par la guerre — de lui faire sentir les difficultés considérables de la lutte pour la défense du socialisme pendant la guerre. La lutte ouvrière contre la bourgeoisie est toujours difficile. Elle est déjà difficile en temps de paix et le sera désormais chaque jour davantage. Elle est incomparablement plus difficile en temps de guerre. Le prolétariat préparera d’autant plus utilement sa résistance qu’il connaîtra mieux les conditions dans lesquelles il devra livrer son combat ».

NOTES
3Il faut lire l'intégralité de l'article bien documenté : http://www.voltairenet.org/article193919.html)

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