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samedi 18 mai 2013

Pérou : un ancien syndicaliste exotique tape sur la classe ouvrière au nom des intérêts de l’Etat « plurinational »




« Nous gagnons 280 euros mensuels et nous allons toucher environ 140 euros pendant notre retraite », explique Ninoska Aramayo, employée à la Caisse nationale de la Santé. « Personne ne peut vivre avec ça ! Nous demandons donc une retraite équivalente à 100 % de notre salaire après 35 années de cotisation », ajoute-t-il.
Attaquer les retraites, surtout celles des ouvriers, est contagieux au niveau international. Le pote de feu Chavez, Juan Evo Morales Ayma ex leader syndical promu homme d'Etat depuis sa victoire présidentielle de 2005, à l’instar du noir Obama, avait joué démagogiquement de son ascendance amérindienne en prétendant relayer les revendications culturelles et sociales des populations indigènes, mais celles du prolétariat hérissent son sens de l’Etat bourgeois. Le plus exotique dans l’exotisme nationaliste qui règne au pouvoir du Pérou est cette invention de la bande à Morales (MAS), nouveau déguisement du chauvinisme local : l’Etat plurinational !

La grève pour la revalorisation des retraites, qui durait depuis plusieurs jours, vient d’être déclarée illégale le vendredi 17 mai. Par conséquent elle devient conflit politique, mais un conflit politique douteux. Evo Morales (président exotique dit de gauche) a accusé la Centrale ouvrière bolivienne (COB) de vouloir fomenter un coup d'Etat – contre l’Etat plurinational - et a appelé ses partisans à "défendre la démocratie". Ce qui est un euphémisme comique. Des affidés de Morales ont déjà défilé quand d’autres sont appelés au zèle patriotique à La Paz, le 23 mai, au risque de provoquer des affrontements avec les grévistes. La COB n’est pas plus un syndicat de type européen que ma grand-mère le portrait d’Alain Delon.

C’EST POURTANT PAS LE GRAND SOIR MEME SI PETE LA DYNAMITE !

Une véritable alternative « de classe » existe encore moins que dans une grande puissance industrielle dans un tel petit pays, non pas que la lutte soit amoindrie par son aspect spectaculaire et « généralisé », ni parce qu’il n’y a pas de solution locale autre qu’un gouvernement bourgeois d’austérité. Il faut connaître les données particulières à la Bolivie, les ronds de jambe des intellectuels de l’Etat « plurinational » et ne pas calquer le schéma des « partenaires sociaux » bien connu en Europe. Le titre du journal véreux Le Monde peut laisser penser au naïf ignorant (et aux anars gnangnan) qu’un pas qualitatif de la lutte de classe, passant du syndical au conflit politique, serait en voie de s’épanouir (pourquoi pas en révolution oh hé hein bon !). En réalité, des conflits sociaux divers n’ont pas cessé depuis des années dans ce pays, parfois très violents, sans poser vraiment une alternative de classe révolutionnaire. L’an 2000 avait été marqué par une mobilisation sociale massive contre la privatisation de l’eau. En 2003, lors du soulèvement contre le gouvernement néolibéral de Sanchez de Losada, les mineurs s’étaient battus dans les rues de La Paz à la dynamite contre l’armée. Puis, en 2006, des affrontements qui avaient causé plus d’une dizaine de morts avaient opposé le nouveau gouvernement à plus de 4000 mineurs, qui obtinrent gain de cause et furent incorporés comme salariés de la mine nationalisée
L’arrivée au pouvoir du MAS en 2006 avait conduit dans un premier temps à la promotion-cooptation des chefaillons syndicalistes. Mais, depuis la « rebelión fabril » de 2010, soulèvement des ouvriers des industries et des manufactures qui a réussi à faire abroger la réforme du code du travail et l’augmentation du prix de l’essence, Morales ne cesse de perdre peu à peu sa « clientèle sociale » :  ouvriers conçus comme catégorie corporative ou « secteurs », travailleurs de la santé, enseignants, mais aussi indigènes de la région du TIPNIS. Le « secteur » considéré comme le plus avancé par les trotskiens locaux  contre le MAS (simple parti mono-gouvernemental) est celui des mineurs de Huanuni où les trotskiens tiennent le manche et sont à l’origine de la récente fondation d’une nouvelle mafia politique : le Parti des Travailleurs[1]. Ces politiciens ont plus ou moins ralliés des syndicalistes, de la COB, éjectés du gouvernement. Nombre de dirigeants de la COB sont pourtant devenus infréquentables du fait de leurs compromissions ou soumission aux gouvernements successifs. Le nouveau parti est divisé, comme le syndicat COB, entre ceux qui veulent « un parti comme le PT de Lula », c’est-à-dire un parti électoraliste qui leur permette de mieux négocier des miettes avec le gouvernement, de continuer à faire des accords avec le MAS et de marginaliser les tendances d’extrême gauche, et cette dernière au programme capitaliste d’Etat. Ce parti reste le théâtre d’une foire d’empoigne entre sous-marins du parti gouvernemental MAS et les divers chefs syndicalistes arrivistes.
C’est avec l’accord de la COB peu fiable que les mineurs, traditionnellement en pointe dans les mouvements revendicatifs, auraient entraîné dans la grève les enseignants, le personnel hospitalier et des ouvriers de l'industrie. Les grévistes demandent une pension de retraite égale à leurs derniers salaires, alors qu'elle s'élève actuellement à 70 %, ainsi que pour des augmentations salariales supérieures aux 8% promises par le gouvernement. Le mouvement s'est durci lorsqu'ils ont appris que les militaires sont les seuls à toucher une pension égale à 100 % de leur dernière paie. Plus de 5 000 travailleurs des mines de Huanuni se sont rendus à La Paz. Comme d'habitude, ces mineurs manifestent bruyamment, en faisant exploser des petits bouts de bâtons de dynamite. La place Murillo, où se trouvent le palais présidentiel et le Congrès, était bloquée par la police, qui éloigna les grévistes à coups de gaz. Durant ces quatre derniers jours de grève, 367 personnes ont été arrêtées, à ce jour 300 ont été libérées et 37 "remises à la justice", quant aux 30 autres, on n’en sait rien. Le gouvernement bolivien a appelé mercredi les mineurs à reprendre le travail, le blocage de la mine  causant selon lui "des pertes quotidiennes de 500.000 dollars" au pays. Il s’est également adressé au dirigeant de la COB, Luis Delgado, pour discuter des modalités d’une "proposition qui ne mette pas en péril le système de pensions de retraite ".
La grève est en particulier suivie par les 5 000 mineurs de la principale mine d’étain de Bolivie, celle de Huanuni, dans la région d’Oruro, laquelle est contrôlée par les trotskiens. Des barrages routiers avaient par ailleurs été installés dans tout le pays, des centaines de grévistes bloquant en particulier la route reliant La Paz  aux villes d’Oruro et de Cochabamba.
Evo Morales dénonce des motifs politiques derrière le mouvement de grève. Il appelle ses partisans à le défendre.  « Mouvement subversif », « déstabilisation politique », « scénario de conspiration » : ce sont les mots choisis par le ministre bolivien de l’Intérieur pour qualifier l’actuelle protestation sociale. Carlos Romero en veut pour preuve une tentative de prise d’un aéroport au nord du pays, et la saisie de centaines de tonnes de dynamite dans plusieurs convois de grévistes, qui ont par ailleurs fait sauter un pont à l’explosif au début du conflit.
Des accusations rejetées par la COB, la Centrale ouvrière bolivienne, qui accuse à son tour le gouvernement de « trahir le peuple » et de chercher par tous les moyens à décrédibiliser le mouvement de grève. Le centre-ville de La Paz a connu jeudi 16 mai son troisième jour consécutif de paralysie totale et de manifestations violentes, alors que les blocages de routes au niveau national feraient perdre l’équivalent d’environ 6 millions d’euros par jour au pays.
Les braves représentants de l'ONU à La Paz ont dénoncé mercredi les « actes de violence » et ont appelé grévistes et gouvernement à entamer un « dialogue franc ».
Pour le gouvernement bolivien, les demandes de la Centrale ouvrière bolivienne (COB) sont impossibles à satisfaire. « Nous ne mettrons pas en danger l’économie du pays. Nous ne mettrons pas en danger le système de financement des pensions pour les gens qui gagnent le moins dans le pays », a ainsi déclaré le ministre de la Présidence, Juan Ramon Quintana. Par ailleurs, le gouvernement a annoncé avoir saisi 400 tonnes de dynamite et autres explosifs dans un convoi de mineurs. Juan Ramon Quintana dénonce une tentative de déstabilisation du pouvoir : « Nous avons entendu des dirigeants syndicalistes dire qu’ils allaient chasser du pouvoir le président Evo Morales de la même manière qu’ils l’y avaient installé. Ça, c’est un langage de coup d’État, c’est un langage anti-démocratique. »
Des accusations balayées par Octavio Urquizo, de la COB. « Le gouvernement devrait au contraire nous remercier. Nous nous sommes battus contre les dictatures, contre les gouvernements de droite. Et c’est grâce à ces batailles, à ces guerres, qu’existe le gouvernement actuel. Nous pensions que ce gouvernement allait justement œuvrer pour le peuple bolivien et pour les travailleurs. Au lieu de cela, il nous accuse de comploteurs quand nous ne faisons que manifester pour des revendications sociales », dénonce-t-il.
Résumons, si la colère des travailleurs boliviens est totalement compréhensible face à un gouvernement bourgeois « plurinational », exotique et amérindien certes, quelles perspectives sont possibles avec le syndicat COB ? Aucune. Rien de rien. Comme la plupart des mafias syndicales sud-américaines, la COB n’a pas de projet politique clair. Ce genre de syndicat soutient épisodiquement tel ou tel politicien doté d’un vague programme de nationalisation et d’assistance sociale.

L’EROSION DU « BLOC NATIONAL-POPULAIRE »

C’est sous cette dénomination que Morales avait prétendu fondre éternellement les « couches de la nation », mais la grève a fait réapparaître les clivages de classe. Autrefois membres à part entière du MAS gouvernemental, les enseignants exerçant dans les campagnes (maestros rurales) qui prenaient part à la grève de la COB ont ainsi fait l’objet d’une répression organisée par les syndicalistes paysans acquis au gouvernement  ; le 16 avril dernier, à Cochabamba, la fédération locale donnait l’ordre à ses affiliés d’exclure les professeurs grévistes de leur communauté au terme d’un délai de 48 heures. La contestation sociale, en grande partie ambiguë et clientéliste derrière la COB, est criminalisée :  mi-février déjà, le vice-président Álvaro García accusait les dirigeants trotskistes à la tête des syndicats de l’éducation et de la santé de constituer «  l’avant-garde politique de la droite […], l’extrême droite camouflée  ». Le 8 mai dernier, c’était au tour du président Morales de juger que la COB était «  un instrument du néolibéralisme  » en raison de ses revendications «  irrationnelles  ». Les trotskiens n’en sont pas moins eux aussi, à leur manière (façon NPA franchouillard) des fossoyeurs de la nature distincte du prolétariat, vu comme clientèle égoïste et assimilé au syndicat pourri dominant: « En dépit de sa visibilité médiatique, la COB est quant à elle paradoxalement prisonnière de son propre corps militant, essentiellement composé de salariés, dont les préoccupations demeurent somme toute distinctes d’autres catégories pourtant majoritaires au sein de la population, tels les travailleurs de l’économie informelle, les paysans et les indigènes ».
Mais rien ne vaut le charabia de l’intellectuel de gouvernement en service pour Le Monde Diplomatique, pour goûter la phraséologie sirupeuse du « socialisme sud-américain » - que vous me permettrez de citer longuement - le sieur Alvaro Garcia Linera, sorte de défenseur d’un Etat « prolétaro-exotique » - l’Etat plurinational (sic) -,  qui éjacule le raisonnement suivant, crucifiant vertueusement le « corporatisme prolétarien » au nom de l’universalisme… bourgeois retoqué « bolivarien »  ou « néo », ou « néant »:
« La deuxième tension créatrice oppose l’ampleur du processus révolutionnaire — qui découle de l’incorporation croissante de différents groupes sociaux ainsi que de la quête d’alliances larges — et la nécessité d’en cimenter la direction indigène, paysanne, ouvrière et populaire, laquelle garantit l’orientation politique. L’hégémonie du bloc national-populaire exige la cohésion des classes travailleuses. Elle implique également le rayonnement de leur leadership (historique, matériel, pédagogique et moral) sur le reste de la population afin de s’assurer son soutien. Certes, il y aura toujours un secteur réticent à l’hégémonie indigène et populaire, agissant à l’occasion comme courroie de transmission des pouvoirs étrangers. Mais la consolidation de la direction prolétarienne exige que l’ensemble de la société considère que sa situation progresse lorsque ces classes travailleuses dirigent le pays. Cette nécessité contraint un pouvoir de gauche à tenir compte d’une partie des besoins de ses adversaires. Une troisième tension créatrice s’est manifestée avec beaucoup d’intensité depuis un an. Elle vient de la confrontation entre l’intérêt général et celui, particulier, d’un groupe, d’un secteur ou d’un individu. Entre la lutte sociale, commune et communiste et les conquêtes individuelles, sectorielles et privée
« Le dépassement de cette contradiction proviendra du renforcement de la portée universelle de notre projet. Si le particularisme corporatiste venait au contraire à triompher, la perte de dynamisme de la révolution marquerait le point de départ d’une restauration conservatrice. Cette tension entre revendications universelles et particulières au sein du peuple a toujours existé. C’est d’ailleurs le propre des révolutions : de sujet fragmenté et individualisé — aspect dominant —, le peuple est progressivement amené à se constituer en instance collective. Mais nous abordons de toute évidence une nouvelle étape de la mobilisation, comme le suggère le récent conflit entre deux fractions de la Centrale ouvrière bolivienne (COB) , l’une alliée au pouvoir, l’autre non. En avril 2011, des professeurs d’école membres de la COB se sont mis en grève avec pour principale revendication le relèvement des salaires. Depuis 2006, l’administration Morales a pourtant augmenté les traitements des travailleurs de la santé et de l’éducation de 12 % net d’inflation. Dans le même temps, d’autres branches de l’administration publique (ministères, par exemple) ont vu leurs salaires gelés. Ceux du vice-président, des ministres et des vice-ministres ont, eux, été réduits de 30 à 60 %. La baisse a été encore plus importante pour le président. On peut concevoir que les fonctionnaires de la santé et de l’éducation réclament de nouvelles augmentations, mais elles ne peuvent provenir que d’un accroissement des revenus du pays.
La politique menée par le président Morales vise en effet à améliorer les conditions de vie des plus démunis et à centraliser les ressources issues des nationalisations et des entreprises d’Etat. Il s’agit de créer une base industrielle dans le domaine des hydrocarbures, des mines, de l’agriculture et de l’électricité de façon à générer une richesse durable et à utiliser les ressources du pays pour améliorer la qualité de vie des travailleurs, tant à la ville qu’à la campagne ».

Taisez vos revendications et retroussez vos manches pour « l’industrialisation » !

Le même suce-boule AGL : « On nous reproche de ne pas avoir procédé à une « véritable » nationalisation des ressources naturelles et de laisser des transnationales s’emparer d’une partie des richesses du pays. Mais nous passer des sociétés étrangères impliquerait de maîtriser les technologies dont elles disposent : celles liées à l’extraction, mais également à la transformation des matières premières. Ce n’est pas le cas. Il ne peut donc y avoir de nationalisation totale des ressources naturelles sans phase d’industrialisation. Le gouvernement a pris la décision d’édifier une industrie du gaz, du lithium, du fer et de certaines réserves d’eau. Des intellectuels ont interprété ce processus de construction d’entreprises publiques comme l’émergence d’un capitalisme d’Etat, contraire à la consolidation d’une vision « communautariste » et communiste. A nos yeux, le capitalisme d’Etat des années 1950 a placé les grandes entreprises au service de clientèles particulières : bureaucratie, groupes patronaux, grands propriétaires terriens, etc. En revanche, l’utilisation des excédents générés par l’industrialisation que la Bolivie encourage désormais donne la priorité à la valeur d’usage, pas à la valeur d’échange : la satisfaction des besoins avant le profit. C’est le cas des services de base (eau, électricité, etc.), élevés au statut de droits humains et donc distribués parce qu’ils sont jugés nécessaires, et non pas rentables. C’est aussi le cas de l’achat de produits agricoles par l’Etat, qui vise à garantir la souveraineté alimentaire du pays et la disponibilité de denrées vendues à des prix « justes » : fixés de façon à ce que les produits soient accessibles aux consommateurs, ils n’évoluent pas en fonction de l’offre et de la demande.
La plus-value issue de l’industrialisation offre ainsi à l’Etat la possibilité de mettre en cause la logique capitaliste de l’appropriation privée. La génération de telles richesses provoque néanmoins un ensemble d’effets néfastes pour l’environnement, la Terre, les forêts, les montagnes. Et quand la nature se trouve agressée, les êtres humains souffrent, en bout de course. Toute activité industrielle comporte un coût environnemental. Mais le capitalisme a subordonné les forces de la nature, en a abusé, les plaçant au service des gains privés, sans tenir compte du fait qu’il détruisait ainsi le noyau reproductif de la nature elle-même. Nous devons éviter le destin auquel un tel cours nous conduit.
Les forces productives du monde rural et l’éthique professionnelle des agriculteurs portent sur nos rapports à la nature un regard opposé à la logique capitaliste. Elles nous proposent de voir la nature comme partie d’un organisme vivant, total, auquel l’être humain et la société appartiennent aussi. Selon cette vision, l’utilisation des capacités productives naturelles doit se faire dans le cadre d’une attitude respectueuse de cette totalité et de sa reproduction.
« Humaniser la nature et naturaliser l’être humain », prescrivait Karl Marx (2). C’est le sens de notre projet : utiliser la science, la technologie et l’industrie pour produire des richesses — comment faire autrement pour construire les routes, les centres de soins, les écoles qui nous manquent et pour satisfaire les demandes de notre société ? — tout en préservant la structure fondamentale de notre environnement. Pour nous, mais aussi pour les générations futures.
Les tensions créatrices qui tiraillent le bloc national-populaire au pouvoir en Bolivie caractérisent les dynamiques de transformation sociale : les révolutions ne sont-elles pas des flux chaotiques d’initiatives collectives et sociales, d’élans fragmentés qui se croisent, s’affrontent, s’additionnent et s’articulent pour de nouveau se diviser et se recroiser ? Autant dire que rien n’y est défini par avance ». (Alvaro Garcia Linera : Vice-président de l’Etat plurinational de Bolivie. Auteur de Pour une politique de l’égalité. Communauté et autonomie , dans la Bolivie contemporaine, Les Prairies ordinaires, Paris, 2008).
Entre l’Etat « plurinational », la compétition entre les rackets trostkiens et le sermon dégoulinant de marxisme de pacotille des intellos de gouvernement, le prolétariat bolivien a peu de chance de sauver sa peau, et encore moins ses retraites. Et son combat, même avec bâtons de dynamite, n’a rien d’exemplaire pour le prolétariat universel. Les prolétaires sont là les dindons d’une farce qui les dépasse, et leur colère est hélas
vissée dans une robuste cocotte-minute. A chacun ses mystifications continentales, aux prolétaires sud-américains les bisbilles entre fractions bourgeoises capitalistes d'Etat, aux prolétaires européens les écuries électorales et le syndicalisme d'Etat.


(1) Le scrutin de décembre 2009 fait suite à une période de déstabilisation politique 
 (2) Karl Marx, Manuscrits de 1844, Editions sociales.



[1] Les 7 et 8 mars derniers, dans la ville minière de Huanuni en Bolivie, en présence de 1300 délégués représentants 100 organisations différentes, était fondé le Parti des Travailleurs (PT). Son programme de gouvernement inclut des mesures aussi avancées que la nationalisation sans indemnisation des hydrocarbures, des mines et de l’ensemble des ressources naturelles, l’expropriation des grandes propriétés terriennes, la nationalisation des banques, l’ouverture des livres de comptes pour que les travailleur-se-s puissent en prendre connaissance et le contrôle ouvrier sur la production. Cette initiative exceptionnelle a été impulsée par la très combative Fédération Syndicale des Travailleurs des Mines de Bolivie (FSTM), et soutenue par les principaux dirigeants de la Centrale Ouvrière Bolivienne (COB).(ce bla-bla dithyrambique et servile est la prose du préposé trotskien sur le web)

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