PAGES PROLETARIENNES

mardi 21 décembre 2010

LA BATAILLE SOCIALISTE : UN TREMPLIN POUR UN PETIT STALINE ?


Sous couvert de la publication d’un patchwork des textes maximalistes conseillistes tout autant que des pires crapules de la social-démocratie, ce site, malgré la gentillesse de son metteur en ligne Lucien, sert depuis un bout de temps de tribune à un archéologue démagogue, obscur représentant d’une secte nommée PC d’Iran, qui cherche via des zozos anglais et le Dessaux français a obtenir une notoriété internationale avec les mêmes méthodes de marketing que l’Eglise de scientologie. L’individu Dessaux est régulièrement, et complaisamment interviewé sur le site de la BS, sur tous les événements du monde. Il répond tel un chef d’Etat ou un dirigeant de parti de masse. Il ne faudrait pas sous-estimer la capacité de désinformation et de nuisance d’une telle mouvance au niveau cosmopolite. On ne peut pas s’étonner par contre que ces stalinistes sous-développés se cachent sous leur nouveau sigle franchouillard : ICO = Initiative Communiste Ouvrière. Les staliniens lambertologues nous avaient déjà fait le coup il y a 30 ans avec un autre ICO… ICO le vrai par contre (Information Correspondance Ouvrière) était un cercle conseilliste de référence en mai 68 et après où l’on pouvait réellement débattre de questions révolutionnaires. On comprend que de petits staliniens veuillent se masquer derrière cette aura. « Echanges » d’Henri Simon qui a succédé à ICO n’est plus qu’un recueil d’observateurs de la lutte de classes, avec HS en ponte inamovible ; nous lui concédons ici un bon éditorial critique sur le faux mouvement pour la défense des retraites quoique le titre soit aussi faux que les délires de Dessaux : « Le mouvement contre la réforme des retraites est aussi un mouvement contre la précarité et la paupérisation » ; comment a-t-il pu placer un titre aussi idiot qui n’était pas dans sa première version dans « un monde en lutte » ? Surtout quand vous lisez plusieurs constats très éclairants dans son article sur la fausseté de la lutte corsetée depuis janvier par une aristocratie syndicale sûre de donner bonne conscience à ses troupes :

- « La manifestation est un substitut à la grève, uniquement à caractère politique, sans affirmation sociale en termes de lutte de classe »

- « La CGT n’a-t-elle pas polarisé la lutte des raffineries sur quelques grosses usines pour y attirer également les militants désireux de renforcer les piquets et les blocages, alors que dans les ports secondaires, les produits finis coulaient à flots sans que l’on en parle et surtout sans qu’aucune forme d’action y prenne forme ».

S’il a de beaux restes, H.Simon – icône incontestée en milieu anar - reste flou comme toujours, comme tous les syndicalo-conseillistes : « ce mouvement reste difficile à caractériser, dans son mélange de forte détermination et de grande confusion ». Ce qui est parfaitement contradictoire avec le titre de l’article, mais plus près de la vérité. Moi je propose « mouvement foutage de gueule » de Sarko et ses syndicats à la main. On est loin très loin des remarques pertinentes de Simon avec cet andouille de N.Dessaux. J’ai failli mourir de rire lorsque j’ai vu le dernier message blog de ce site, reproduisant en anglais s’il vous plaît une interview maison du beauf gauchiste Dessaux :

« On the Recent Workers’ Protests in France (Dessaux)

20 décembre 2010 par admin

Interview de Nicolas Dessaux, membre d’Initiative Communiste-Ouvrière et collaborateur de la Bataille socialiste, paru dans Forward, mensuel en anglais du Parti communiste-ouvrier d’Irak (N° de décembre 2010) ».

Une telle présentation me fît immédiatement penser à cette Une (supposée) du Journal du dimanche, par exemple : « Les dessous du meurtre de la policière Aurélie Fouquet » (Hortefeux). Photo en une de l’impétrant chauve Dessaux, avec une lointaine ressemblance avec Wladimir Illitch et une barbichette de cadre bolchevique aimable. Les questions élaborées dans la secte elle-même (l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des sectaires eux-mêmes…) renvoient à des réponses aussi léninifiantes qui lamentables. Les sottises de Dessaux s’accumulent les unes derrière les autres pour nous resservir le même discours, voire en pire, que la gauche caviar et l’aristocratie syndicale ont diffusé à l’échelle internationale.

Première règle du démagogue: viser large vers le public le plus matraqué par les banalités de la mystification de la gauche bourgeoise. La première partie est un montage très anglo-saxons de l’analyse de la politique française où l’on apprend que les syndicats étaient unis dans une « intersyndicale » et que les forces de gauche soutenaient la protestation de 73% des français ! Bon pour des oreilles britannisées ! Surtout quand Dessaux argumente que hélas, les grèves ne sont pas payées en France (ce qui est faux en plus concernant la manip CGT dans les raffineries… et c’est pourquoi cet âne ne comprend pas pourquoi la CGT a crié stop sans heurts). Dessaux mélange tous les niveaux de la fausse mobilisation en parlant d’émeutes, d’entrée massive des étudiants, etc., après avoir exalté la lutte des travailleurs des raffineries (pourtant complètement manipulés par les cognes CGT), après avoir raconté que toutes les villes, même petites, étaient mobilisées, et qu’il y avait des grèves partout… Vous imaginez ces mensonges diffusés internationalement certes pour complaire à la clientèle bobo gauchiste et anarchiste, mais cruels et imbéciles pour tous les prolétaires spectateurs dubitatifs des autres pays ?

Alors que le carnaval syndical a été un longe fleuve tranquille de retraités et de membres de l’aristocratie ouvrière du secteur public, avec le samedi une petite partie du privé, venir nous parler du « niveau élevé de la répression » qui aurait freiné le mouvement, c’est rendre service à qui ? Au couple de bonzes Thibault et Chérèque !

Deuxième règle du démagogue pour finir, cibler sur la partie du public marginale gauchiste et anarchiste, après avoir flatté la masse. Dessaux fait radical en assurant que « la bureaucratie » est payée par l’Etat, mais il n’a jamais dénoncé l’intersyndicale et les manifestations comme moyens artificiels de tuer depuis le début toute réelle lutte. Il en rajoute une couche, pour protéger les mafias syndicales et les suiveurs anarchistes, en assurant que le blocage des routes avait été général, alors que ce ne fut que pitreries savamment orchestrées par les syndicalistes comploteurs de base tenus en laisse par les appareils. Et éloignés des pneus brûlés aux premiers coups de sifflet de fin de récré.

Notre petit Djougachvili en rajoute une couche encore plus débile, comme le veut cette tribune internationale de fieffé menteur djougachvilichien : « le mouvement était clairement communiste contre l’esclavage salarié », et « nous avons jeté les premiers pas du parti communiste en Europe ». Au fond, il faut que je fasse une révélation qui sera étayée dans mon prochain ouvrage (« Nouvelles réflexions sur la violence »), Staline n’était qu’un clone de Bernstein, et je vais conclure en riant d’un imbécile qui veut nous faire avaler des couleuvres syndicales, par la blague de Rosa Luxemburg : « Lorsque Bernstein pose la question de savoir si telle ou telle loi de protection ouvrière contient plus ou moins de socialisme, nous pouvons lui répondre que la meilleure des lois de protection ouvrière contient à peu près autant de socialisme que les ordonnances municipales sur le nettoyage des rues et l’allumage des becs de gaz – qui relèvent aussi du « contrôle social ».

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