PAGES PROLETARIENNES

lundi 20 octobre 2008

AVEC LA DEPRESSION LES SCANDALES….

LES CADAVRES DE L’HISTOIRE

BOUGENT ENCORE


Ce n'est qu'un début: 20 millions de chômeurs de plus annoncés dans le monde!

Enfin du concret!

Au total 210 millions, record de 1929 battu! Pour le directeur général du BIT, ce sont les plus «vulnérables» qui risquent d'être les plus affectés par la crise. Il souligne ainsi que le nombre de «travailleurs pauvres» qui vivent avec moins de un dollar par jour pourrait croître de 40 millions tandis que celui des personnes gagnant moins de deux dollars pourrait augmenter de 100 millions entre 2007 et 2009. C'est pas d'une refondation ou d'un replâtrage du système capitaliste de misère qu'il est question mais bien de sa destruction par les millions de travailleurs, pauvres, découragés, excédés, jetés à la rue!

Aux origines de la crise capitaliste du XXe siècle on oublie toujours de mentionner la césure de la guerre de 1914, comme « stade suprême du capitalisme ». Il est éloquent que personne, excepté votre serviteur (et quelques blogonautes dispersés) ne mentionne la question de la guerre comme « solution » classique au marasme du capitalisme. Pour les dirigeants actuels du système, les Bush, Sarkozy et Cie, il suffirait de « moraliser » le capitalisme. Le ton est donné. La crise actuelle ne serait qu’une « crise financière » doublée de « scandales financiers » et… sexuels. Il est fini le temps de l’apologie de la « libre entreprise » prônée par le ministre « socialiste » Fabius en 1983 dénonçant « l’antisyndicalisme et l’antipatronalisme ».

On se garde de rappeler que la Deuxième Guerre mondiale ne fût que la continuation de la Première, et qu’elle n’est pas finie… Il est donc du plus haut intérêt de relire l’introduction de l’historien Pierre Miquel à son livre « Les poilus » (réédition Pocket). Les mêmes questions qui furent posées à l’époque se reposent aujourd’hui, avec l’amnésie organisée en plus. Les historiens en général se gardent de rappeler l’initiative géniale des bolcheviks qui, avec la classe ouvrière russe, avaient stoppé la guerre mondiale. Miquel reconnaît en filigrane avant de décrire les horreurs et de minimiser lui aussi l’importance de l’insubordination au front. Je reviendrai plus loin sur le cas des historiens francs tireurs comme Annie Lacroix-Ritz, pour montrer combien ils sont hémiplégiques eux aussi.

L’idéologie du « choc des civilisations » véhiculée depuis l’effondrement des tours new-yorkaises en 2001, reste résiduelle mais très prégnante derrière les pacifistes discours économistes. Pourtant cette idéologie n’est pas nouvelle, et reste « préparatoire » à un nouveau conflit majeur, comme permettent de s’en rendre compte Gabriel Périès, politiste et David Servenay, journaliste. En 1936, la publication du livre « la guerre totale » du maréchal Ludendorff - vedette criminelle de la Première guerre (qui finira fou) et complice d’Hitler -

aura un grand retentissement dans les cercles européens du pouvoir, à Paris comme à Berlin. Voici le résumé qu’en fournissent ces deux auteurs : « S’interrogeant sur l’émergence d’un nouveau type de conflit, il conceptualise le principe d’une guerre inégalée en intensité, qui voit s’opposer non pas des armées et des nations, mais des « races » et des potentiels économiques. En abolissant le distinguo civils/militaires, les moyens modernes de la guerre (propagande, psychologie, radio…) font de la population à la fois une cible et un enjeu du conflit. Avant tout conflit établissant un front, il faut donc engager une guerre préventive contre tout ce qui n’est pas national, tout ce qui identifié comme l’ennemi (à l’époque, les juifs, les franc-maçons, les communistes, les socialistes mais aussi l’Eglise catholique) pour éviter le fameux « coup de poignard dans le dos ». Le principe central de la guerre totale est la « cohésion animique du peuple » avec son chef en utilisant la terreur de masse. Autrement dit, une guerre totalitaire où les priorités sont la logistique, le renseignement et l’élimination préalable de l’opposant politique et racial. Ce livre contient toutes les atrocités à venir du IIIème Reich, les stratèges d’Hitler s’en inspireront constamment. Comme chacun le sait, cet attirail intellectuel sera donc largement appliqué pendant la Seconde guerre mondiale. Ce que l’on ignore souvent, c’est que les mêmes idées vont être reprises par les plus grands stratèges militaires français dès 1947 jusque dans les années 80 ». Peut-on croire que les stratèges « faucons » de nos jours auraient rompu la continuité ?

Restons-en pour l’instant à la nature de la crise actuelle d’abord et à la façon que la bourgeoisie a de la déguiser.

  1. COMMENT L’ARCHANGE SARKOZY VEUT SAUVER LE MONDE :

Le remue-ménage du président en exercice de l’Europe ne serait que risible s’il n’était aussi lamentable. Sarkozy se la pète sauveur suprême alors qu’il n’est qu’un vulgaire pion du système des privilèges, des parachutes dorés qui l’avaient sponsorisé pour occuper sa fonction de premier menteur professionnel. Sarkozy qui est passé maître es coups fourrés – il a commencé sa carrière par l’élimination de Una Bomber à Neuilly - épisode obscur et jamais éclairci dans sa carrière d’archange sauveur des enfants de maternelle et de leur institutrice – nous a fourni un excellent gage de sa soudaine honnêteté flouée ; en faisant un procès aux révélations mesquines d’un ancien directeur des RG et en montant cette histoire à dormir debout de son compte en banque pillé par d’odieux raiders informatiques, comme cela peut vous arriver à vous et moi (info et intox). Preuve de son humanité, sa femme top model s’est rendu aux obsèques du malchanceux Guillaume Depardieu (dont l’Etat s’est royalement moqué de son véhément combat, de son vivant, contre l’incurie hospitalière).

Derrière l’empereur d’un mois Sarko, mi-figue mi-raisin, les autres dirigeants font les importants : l’Europe montrerait la voie et remettrait à sa place une Amérique en déclin. Cette méthode Coué n’abuse personne. Chaque jour apporte son lot de faillites boursières, là une banque, ailleurs un consortium d’assurance. Les plus lucides reconnaissent l’entrée en récession. Ainsi Attali, au JDD : « Nous sommes au bord d'une récession. Elle tire son origine de l'effondrement du marché du crédit hypothécaire américain, qu'on nomme la crise des subprimes. Elle a détruit, en quelques mois, des richesses égales à 10 % du PIB mondial, soit 4.000 milliards de dollars, c'est-à-dire 50 fois plus que les pertes générées dans les industries de pointe par l'explosion de la bulle internet. Cette crise n'est pas cantonnée au secteur du logement, car elle révèle que les banques ont reprêté leurs prêts à n'importe qui, pour les racheter ensuite beaucoup plus cher. C'était à la mode. Devant la révélation de la folie que cela représentait, on est passé, en une semaine, de l'euphorie à la panique : plus personne ne prête à personne. Plus aucune banque ne prête à une autre banque. Et si les banquiers continuent à paniquer, nous risquons une crise de 29. D'ailleurs, aux Etats-Unis et ailleurs, certains grands patrons de la finance me disent en privé : "Nous sommes en 1928" ! En quelques mois, nous sommes passés d'une économie de l'euphorie à une économie de panique et c'est cela qui risque de provoquer une récession, alors même que les fondamentaux économiques mondiaux sont excellents ».

On se demande, dans la compétition à outrance, face à la famine qui réapparaît pour les pays pauvres, et face aux vagues de licenciements qui commencent à se répandre, où sont ces « excellents fondamentaux de l’économie » ? A entendre les discours de « refondation » préparés de Sarkozy et les complaintes de divers collectifs d’associations de think-tank, la crise serait soluble dans la fin des « paradis fiscaux ». On constate que la moitié des flux financiers internationaux transitent à un moment où à un autre par des espaces de non-droit, propices au blanchiment d'argent et à « l'évasion fiscale ». Quelle évasion ? Et sur quelle planète ? Selon les estimations de ces gugusses, plus de 400 banques, deux tiers des 2000 hedge funds et deux millions environ de sociétés financières sont hébergés dans la soixantaine de paradis fiscaux et judiciaires recensés dans le monde, dont la moitié en Europe. Voilà où serait le « scandale » de la crise actuelle.

Pour le philosophe Paul Virilio, moins stupide, il n’y a pas que l’économie qui est en cause : « Le krach boursier est un crash-test grandeur nature. Même le divorce s'industrialise. On pourrait introduire une cotation dans les divorces, avec pour risque de faire apparaître que le couple et la famille sont devenus des illusions ». La rectification est d’importance. Le mal est donc plus profond. Virilio, comme un vulgaire révolutionnaire minoritaire nous parle même d’accélération de l’histoire : « Cela fait trente ans que l'on fait l'impasse sur le phénomène d'accélération de l'Histoire, et que cette accélération est la source de la multiplication d'accidents majeurs. "L'accumulation met fin à l'impression de hasard", disait Freud à propos de la mort. Son mot-clé, ici, c'est hasard. Ces accidents ne sont pas des hasards. On se contente pour l'instant d'étudier le krach boursier sous l'angle économique ou politique, avec ses conséquences sociales. Mais on ne peut comprendre ce qui se passe si on ne met pas en place une économie politique de la vitesse, générée par le progrès des techniques, et si on ne la lie pas au caractère accidentel de l'Histoire ». Mais, celui-là il veut accélérer quoi ? Les faillites en chaîne ? Les cadences ?

Comme les ânes économistes Virilio veut nous faire croire que le problème serait à nouveau strictement économique ? Or, la classe dominante, y inclus Sarkozy, a compris que la résolution du problème n’est pas économique mais politique, et ensuite impérialiste (mais on le tait pour l’instant). Avant d’en venir aux scandales proprement dits, examinons la contribution des anti-sarkozystes aux enjeux graves de la période présente.

2. L’HISTOIRE HEMIPLIGIQUE DE Mme LACROIX-RIZ:

Déjà autour de 1929, la grande dépression économique tendait à être masquée par divers « scandales », affaire Stavisky, canal de Panama, exactions des Ligues et du patronat d’extrême droite, espions « bolcheviques », etc. Le vrai scandale était déjà le capitalisme, et la plus grande inquiétude de la bourgeoisie était que la classe ouvrière relève la tête malgré le rouleau compresseur du stalinisme et la montée du national-socialisme. On se garde bien de nous remémorer l’action dissolvante des partis staliniens nationaux pour embrigader à nouveau le prolétariat, pour pousser les masses à choisir un camp bourgeois. Il faut criminaliser de grands « ensembles » (blocs en constitution) pour faire adhérer les prolétariats à une nouvelle boucherie qui ne peut plus être « patriotique ». Les « scandales » n’auraient pas suffi à éliminer politiquement le prolétariat. Il fallu toute l’orgie nationaliste stalinienne pour les désorienter.

A vieilles ficelles, recettes moisies. La vieille gauche caviar tente encore de défendre le parti stalinien (cf. un récent article de papy Jean Daniel dans le Nouvel Obs qui veut disculper Thorez de l’accusation d’antisémitisme vis-à-vis de Léon Blum. Avec les trouvailles de Pennetier et Besse (dont j’ai parlé dans un ancien numéro de PU) nos quelques staliniens de choc survivants ont pourtant pris un sacré coup de vieux pour la version résistante et démocrate de leur compromission pro-hitlérienne - disons contre-révolutionnaire - de leur secte d’obédience. C’est paraît-il dû aux hasards de la recherche dans les archives départementales de Paris que Claude Pennetier et Jean-Pierre Besse avaient découvert des notes établissant l’argumentaire employé par les représentants du PCF (aux ordres de Duclos et de l’éminence grise (Jean-Jérôme alias Michel Feintuch, néanmoins juif) de Moscou) auprès des "boches" à Paris. Thorez sera logé dans la banlieue de Moscou. L’exil lui avait été largement imposé par Moscou. Il signe un pamphlet contre « Blum tel qu'il est » aux relents antisémites et « l'appel du 10 juillet 1940 » favorable à la paix mais au profit de l’impérialisme russe.

La trahison de l’internationalisme par le PCF est le principal coup de poignard dans le dos du prolétariat. C’est ce qui me permet d’en venir aux prestations de Madame Annie Lacroix-Riz. Après la contribution « complotiste » et pro-arabe de son copain du Réseau Voltaire, Thierry Meyssan, dont j’ai dit toute la forfanterie et les amalgames frauduleux, cette professeure officielle (elle enseigne à Paris VII) a fait un tabac sur le web à nouveau avec une de ses conférences filmées « Europe : mythe et réalités ». Cette historienne, qui se flatte d’être marginalisée, s’est fait connaître par sa remise en cause de sujets « sensibles » comme le zycon B, et sa mise au ban reposéerait sur le fait qu’elle aurait été la première à dénoncer le financement par des entreprises (capaitalistes) des travaux des historiens qui ont pignon sur rue. Sa remise en cause de la famine en Ukraine en 1932-33 lui a valu l’ire de l’historien de LO Peschanski, qui fait partie comme Courtois et Rémond des poseurs d’histoire en odeur de sainteté. Cette défense a minima, par cette collaboratrice du Monde Diplo, de l’horreur stalinienne doit-elle étonner de la part d’une membre du Pôle de renaissance communiste (PRCF, filiale dudit PCF lobotomisé) ? Ses ouvrages sont généreusement mis à l’étalage de la fête de l’Huma. Chaque historien a la boutique qu’il peut.

Au milieu d’un certain nombre de vérités sur la collusion des patronats allemand et français et sur l’action en sous-main de la principale puissance mondiale depuis 1918, Lacroix-Riz livre à nombre d’internautes naïfs et éblouis - qui croient enfin tout comprendre - un étalage de contre-vérités… en défense de l’URSS. Qualifiée de « loup garou » étranger à la mafia des capitalistes qui auraient seuls préparés la guerre (ces salauds du Comité des Forges), l’URSS est innocentée. Mieux encore, vu sa contribution en pertes en vie humaine, c’est l’URSS qui a écrasé Hitler à Stalingrad ! Mensonge pieusement stalinien que contestait Staline lui-même, lequel avait déclaré « nous avons gagné la guerre grâce au pré-bail américain » ! On a oublié que Souvarine avait noté que les chars russes à Stalingrad étaient américains mais repeints aux couleurs russes.

L’on perçoit donc que les trafiquants d’histoire ne sont pas seulement au pouvoir mais que les résidus intellectuels du PCF voguent à nouveau à leur façon pour une Europe… débarrassée de l’impérialisme américain (alliée avec Poutine ?). Rien n’est dit sur l’ignominie du PCF, tout est mis sur le dos de l’obscur comité des Forges et sur leur, sous-fifre, l’ex-militant d’extrême droite Robert Schuman, sublimé par les gaullistes comme père de l’Europe. Grâce à Madame Annie Lacroix-Riz les masses sont enfin éclairées par l’histoire hémiplégique néo-stalinienne. Cette dame qui a passé un doctorat d’Etat sur la CGT, conforme à cet organisme de collaboration d’Etat, fait rire son auditoire en se moquant souvent de la « collaboration » des capitalistes entre eux, mais jamais de celle des syndicats. Elle ponctue son discours familier et empreint de démagogie d’allusions aux salaires toujours revus à la baisse par le patronat, argument qui remue toujours au tréfonds la fibre syndica liste de base. Elle est applaudie vivement par la salle composée d’étudiants du PCF et de la gauche bcbg. Revenons à la crise qui n’est pas encore politique du point de vue des masses opprimées.

3. LA GESTION DE LA CRISE PAR LES SCANDALES :

L’enjeu des hommes de pouvoir est, dans la période actuelle de décadence économique et politique du capitalisme, non simplement de dominer les autres hommes et s’enrichir, mais aussi sexuel. Ni Marx ni Freud n’ont épilogué sur le droit de cuissage, mais il existe encore. On est habitué aux règlements de compte qui n’en finissent pas : Villepin versus Sarkozy, Tapie versus Crédit Lyonnais, etc. Aucun des protagonistes n’a fini pourtant comme Boulin ou Bérégovoy (Mitterrand ait leur âme !). Voici le tour de DSK pour lequel un sondage complaisant faisait croire récemment qu’il était le futur présidentiable préféré des Français ; vu que les compétiteurs « socialistes » sis sur le territoire hexagonal ne sont plus que nains en foire (mais je respecte les vrais nains). DSK a reconnu avoir trompé sa compagne, milliardaire ancienne présentatrice d’une émission de télé. Celle-ci comme Madame Clinton a rassuré le peuple, l’incident a été dépassé, ils s’aiment comme au premier jour. Laissons de côté le penchant de DSK pour les clubs échangistes (cf. Sexus politicul) et se frasques cachées (je possède un témoignage d’une de ses employées lorsqu’il était à Bercy). Il n’est pas le seul. Tous les politiques d’importance ne pensent qu’à leur bite. Un groupuscule de députés européens a conçu une pétition pour supprimer les faveurs de petits nanas dans les hôtels particuliers réservés à l’élite politique européenne ; sans demander la suppression de la gratuité du viagra dévolue à ces virilités agonisantes (info peu connue du grand public). Le coup bas contre DSK vient-il de l’entourage sarkozien ? C’est ce que laissent supposer ses complices politiques au PS. Ou de concurrents au FMI ? Un prédécesseur de DSK avait déjà été viré pour des abus du même genre, sans oublier un président israélien. Il a eu le courage de reconnaître sa faute, tonne l’un, de plus dans l’empire américain, pudibond et moraliste à l’extrême (vive la libération sexuelle susurrent les anciens gauchistes devenus cadors au PS) ; il ne faut pas mentir au pays de la Bible réformée sinon il vous arrive ce qui est arrivé à Clinton. Ouais, mais notons que l’empire US est mal placé pour faire la morale : plus de 90% des sites pornos qui envahissent le web proviennent des USA.

M’enfin on se fiche de la sexualité débridée de M. DSK, et on n’engagera pas plus d’effort sur ce clavier sur le sujet, sauf que ce présumé présidentiable fait comme les autres gugusses de pouvoir, il se donne le droit d’abuser selon son bon vouloir. Et pendant que nous parlions de sa bite, nous avions laissé tomber la récession économique mondiale et l’incapacité de ce docte professeur d’économie, lui aussi, à y remédier.

Changeons de sujet, autre scandale : la tricoche pour ce pauvre Besancenot. Ainsi que le révèle l’Express (hebdo financé par les USA) la « tricoche » est un travail au noir depuis les archives policières par lequel des fonctionnaires de police livrent des informations confidentielles à des officines privées, au Canard Enchainé ou à Charlie Hebdo. Plusieurs affaires, ces derniers mois ont montré que certains "ripoux" passent de l'artisanat à l'industrie. Un article dans la revue du Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN, majoritaire), titré "La Face cachée de l'intelligence économique", plaide pour une "nécessaire organisation" du secteur. Les affaires n'ont pas manqué ces derniers mois. Ce fut d'abord un commissaire divisionnaire de la très sensible sous-direction des affaires économiques et financières de Paris, pris la main dans le sac, en mars 2008. Il a reconnu avoir revendu des informations confidentielles pour un gain estimé à 20 000 euros au moins. L'espionnage par la société Tazer, dont furent victimes Olivier Besancenot, leader de la LCR, sa compagne et leur jeune fils relève de la même barbouzerie. Une officine privée a bénéficié de renseignements émanant du fichier national automobile. Un policier, en poste en province, se serait chargé de les lui fournir. Par ailleurs, les comptes bancaires du couple ont été épluchés, ce qui a conduit cette fois sur la piste d'un service des douanes. Tricoche était un auteur de vaudeville au XIXe siècle. "Tricocher" ou "aller à la tricoche": le terme s'applique à une vaste zone grise qui va du PV annulé en échange d'un gueuleton à la corruption la plus assumée. L'essor du renseignement privé et la guerre économique à laquelle se livrent les grands groupes industriels, doublée de la fascination de certains de leurs dirigeants pour les secrets d'alcôve, ont offert un nouveau débouché à cette activité parallèle. Hier, elle fleurait la bonne bouffe autour d'une nappe à carreaux: elle était artisanale. Elle s'est aujourd'hui professionnalisée, affichant désormais des prestations tarifées.

Qui pourrait ne pas être d’accord avec Besancenot que cet instrument de répression, le tazer (bidule pour flic qui sert à électriser tout rétif) est ultra-dangereux et ne pas demander sa suppression, alors qu’il a effectivement causé des morts, en particulier aux USA (cf. You tube) ? Personne, surtout pas le probe avocat de la gauche caviar et écologiste Noël Mamère ! Que voilà encore une bonne occasion pour faire de la pub au nouveau parti anti-communiste de Besancenot, voire béatifier ce dernier, vu le dangereux vide politique face au gouvernement ! Ce scandale a du bon.

Enfin, dernier scandale, mais mondial : un noir est en passe de rafler haut la main la présidence de la première puissance mondiale. L’émotion saisit partout les « petits blancs », certains aux USA ont avoué craindre une « prise du pouvoir par les noirs » (vont-ils en profiter pour violer les femmes blanches ?). Les noirs sont de plus en plus en tête de tout, de formule 1, de tennis, de golf… Le portier de Le Pen est noir… Pourquoi tant d’enflures me direz-vous ?

Cet Obama qui va s’emparer de la baraque blanche a tout pour plaire. Il est père de famille, propre sur lui, parle bien, a de l’humour, pas d’amante cachée. Kennedy blanc ou Lincoln rose il peut raisonnablement surclasser le vioc Mac Cain… C’est d’ailleurs l’argument « intelligent » de tous les pipoles d’Hollywood et autres Joan Baez pour encourager les électeurs à participer, même les plus vieux. Obama est conforme à la messe antiraciste mondiale. Il semblerait que même les masses arabes et juives prient pour sa victoire. Pourtant, à chacune de ses prestations je ne peux m’empêcher de ressentir un vrai malaise. Souvent il parle devant des auditoires en toile de fond qui alignent des rangées de vieux bourgeois à la tête chenue et aux rires carnassiers. Et s’il n’était qu’un nouveau « y a bon Banania » ? Comme le musicien de jazz qui, au beau temps de l’apartheid US avant et après guerre amusait la galerie dans les palaces des riches blancs ? La bourgeoisie US n’a-t-elle pas fourni régulièrement le « noir de service » avec Colin Powell et Condolezza Rice ? Pendant que la classe ouvrière, noire et blanche, continuait à faire les frais des guerres impérialistes et de la misère. Obama sera un président en service comme tous ses prédécesseurs et étroitement soumis aux besoins de la bourgeoisie américaine. Comme à Léon Blum ou aux négociateurs juifs allemands de la paix de 1918, il lui serait beaucoup reproché s’il échoue à illusionner la classe ouvrière dans la tourmente contre laquelle ni lui ni les faucons (les vrais cons) ne pourront échapper à leurs responsabilités répressives et impérialistes. Qu’il évite de se faire tailler une pipe sous le bureau de la maison des blancs riches, ou une éventuelle balle perdue.

____________________________________________

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire