PAGES PROLETARIENNES

jeudi 12 mars 2026

Golfe persique : de la guerre du pétrole à la guerre de l’eau

 


Deux articles éclairant sur les possibles graves conséquences de la guerre contre l'Iran. Outre des centaines de morts civiles, des centaines de milliers de déplacés, c'est la famine qui se pointe dans les pays les plus riches de la planète, ce qui confirme qu'il existe une denrée plus indispensable et vitale que le pétrole : l'eau !

Golfe persique : de la guerre du pétrole à la guerre de l’eau ?

026/03/12 at 11:45 AM

parBéchir Lakani


Une station de dessalement à Bahreïn a été endommagée dimanche par une attaque de drones iraniens. Et une frappe aurait également touché une usine en Iran. Dans une région où l’approvisionnement en eau potable dépend largement du dessalement, de telles attaques font planer la menace d’une crise humanitaire majeure pour les populations du Golfe, comme pour celles d’Iran.

L’eau sera-t-elle la prochaine arme stratégique dans le conflit armé qui prend de plus en plus d’ampleur au Moyen-Orient ? Les récents incidents autour d’installations de dessalement dans le Golfe persique laissent entrevoir un scénario inquiétant. A savoir celui d’une guerre où la ressource la plus vitale de la région serait directement menacée.Autrement dit, dans une région où l’eau est plus vitale encore que le pétrole, ces installations constituent des cibles militaires d’une importance capitale.

Voyons les faits. Le 8 mars, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, accusait les États-Unis d’avoir bombardé une usine de dessalement sur l’île de Qeshm Island, située au large du port stratégique de Bandar Abbas. Selon Téhéran, cette attaque  aura perturbé l’approvisionnement en eau d’une trentaine de villages. En représailles à cet acte hostile, un drone iranien endommagea le lendemain à son tour une station de dessalement à Bahreïn. Laquelle fournit notamment de l’eau potable à une base militaire américaine installée dans l’île. Ces attaques inédites marquent une évolution dont les conséquences sont imprévisibles. L’eau- une denrée rare et vitale pour cette région, l’une des plus désertiques de la planète- pourrait désormais être utilisée comme levier stratégique et militaire.


Dépendance  et vulnérabilité

Effectivement, l’eau douce étant une ressource quasi inexistante, il  en résulte que la plupart des États de la région reposent essentiellement sur les usines de dessalement pour alimenter leurs populations et leurs économies. Sachant que le Moyen-Orient qui est parsemé de plusieurs milliers d’installations réparties le long des côtes du Golfe, concentre près de 40 % de la capacité mondiale de dessalement.

Les chiffres illustrent cette dépendance extrême. Au Koweït, près de 90 % de l’eau potable provient du dessalement. La proportion atteint 86 % à Oman et environ 70 % en Arabie saoudite. Aux Emirats arabes unis, plus de 40 % de l’eau consommée est produite par ces installations. Ces infrastructures ont permis l’émergence des grandes métropoles du Golfe, de Dubaï à Doha en passant par Abu Dhabi. Car, sans eau potable produite par ces infrastructures, ces villes champignons construites au cœur de déserts arides seraient tout simplement inhabitables.


Un talon d’Achille stratégique

Or, cette dépendance aux techniques du dessalement est le véritable talon d’Achille des États du Golfe. Et si, dans le contexte de la guerre qui oppose aujourd’hui l’Iran à la coalition israélo-américaine, ces usines étaient attaquées par des drones ou des missiles iraniens comme ce fût le cas pour le Bahreïn ?

C’est le pire scénario catastrophe pour les monarchies du Golfe. Les experts de la sécurité hydrique avertissent depuis longtemps de ce danger. Déjà en 2010, une analyse de la CIA estimait que la destruction de plusieurs grandes usines de dessalement dans le Golfe pourrait avoir des conséquences plus graves que la perte de toute autre industrie stratégique. Et ce, d’autant que l’emplacement de ces usines de dessalement, généralement construites en surface, le long du littoral, les rend difficiles à protéger efficacement contre les drones, les missiles ou les cyberattaques. Ainsi, une simple attaque informatique pourrait suffire à perturber les processus chimiques essentiels au traitement de l’eau. De plus, ces installations sont souvent étroitement liées aux centrales électriques. Or, une frappe contre l’infrastructure énergétique peut donc indirectement interrompre la production d’eau potable.


Une catastrophe humanitaire

Pour de nombreux experts, cibler les infrastructures hydrauliques constitue une dangereuse ligne rouge. Car, contrairement aux installations militaires ou industrielles, ces infrastructures sont directement liées à la survie des populations civiles.

Un exemple concret ? Si l’immense complexe de dessalement de Jubail qui alimente la ville de Riyad avec ses huit millions d’habitants venait à être gravement endommagé, la capitale saoudienne pourrait se retrouver privée d’eau en moins d’une semaine. Et ce n’est pas de la science-fiction.

Cela étant, l’Iran n’est pas non plus à l’abri d’une crise similaire. Le pays traverse depuis plusieurs années une sécheresse sévère qui a fortement réduit ses réserves d’eau. Ainsi, les barrages alimentant la capitale, Téhéran, ont atteint des niveaux alarmants. Certains réservoirs sont tombés à moins de 5 % de leur capacité, alimentant les inquiétudes quant à une éventuelle pénurie d’eau pour les plus de dix millions d’habitants de la métropole.

Au final, après le pétrole et les voies maritimes, l’eau pourrait devenir le prochain champ de bataille stratégique du Moyen-Orient. Et dans ce conflit qui ne dit pas encore son nom, la ressource la plus précieuse de la région risque bien d’en être la première victime.


Iran : la guerre fait peser une menace sur l’eau et la nourriture des monarchies du Golfe

ParOussama Nadjib


Maghreb Émergent | Référence de l'information économique du Maghreb


Tandis que le monde s’inquiète d’un choc pétrolier mondial, les monarchies du Golfe affrontent une menace plus immédiate : celle d’une rupture de leurs approvisionnements en nourriture et en  eau. La guerre contre l’Iran et la paralysie du détroit d’Ormuz exposent brutalement la vulnérabilité logistique d’ économies désertiques dépendantes des importations pour leur survie quotidienne.

En frappant les infrastructures civiles et en perturbant les routes maritimes, le conflit met à nu la fragilité d’un modèle  économique dépendant à plus de quatre-vingts pour cent des importations pour satisfaire les besoins essentiels de la population. Le géant danois du transport maritime Maersk a suspendu ses rotations vers plusieurs terminaux majeurs du Golfe, dont ceux de Jebel Ali et de Dammam, évoquant une situation sécuritaire devenue intenable. Cette décision frappe au cœur le port de Jebel Ali, à Dubaï, plaque tournante logistique qui dessert près de cinquante millions de consommateurs dans la région. Selon plusieurs analystes, la paralysie de ce hub transforme de facto des États comme le Qatar, le Koweït ou en économies quasi enclavées, contraintes de dépendre presque exclusivement des routes terrestres saoudiennes, déjà saturées par un afflux exceptionnel de camions.


L’effet sur les marchés locaux est immédiat. Les produits périssables — bananes, fruits frais ou produits laitiers — font l’objet d’une spéculation qui a parfois triplé leur prix en moins de quarante-huit heures. Bien que les autorités assurent que les réserves stratégiques couvrent entre quatre et six mois de consommation, la psychologie de la pénurie a déjà provoqué des ruées dans les supermarchés. À Dubaï, les autorités ont dû assouplir temporairement certaines restrictions de circulation afin de maintenir l’approvisionnement en produits de première nécessité.echnologies traitement eau

L’eau potable, cible stratégique

La crise a franchi un nouveau seuil avec l’attaque d’un drone contre une station de dessalement à Bahreïn. Cet épisode souligne la fragilité extrême d’une région où l’eau potable n’est pas une ressource naturelle, mais un produit industriel issu du dessalement de l’eau de mer. Les infrastructures hydriques du Golfe sont aujourd’hui exposées à une double menace : les frappes directes contre les installations et la pollution marine liée aux attaques contre les pétroliers.

Les marées noires peuvent en effet obstruer les filtres des usines d’osmose inverse, provoquant des arrêts techniques majeurs. Sans ces installations, les grandes métropoles du désert ne disposent que de quelques jours de réserve d’eau potable.

Les limites des stratégies mises en place après 2008

La situation actuelle met également à l’épreuve les politiques adoptées après la crise alimentaire mondiale de 2008. À l’époque, des pays comme l’Arabie saoudite avaient abandonné leurs coûteux programmes de culture domestique du blé afin de préserver leurs nappes phréatiques, préférant investir massivement dans des terres agricoles à l’étranger. Cette stratégie reposait toutefois sur un postulat simple : la sécurité des routes maritimes. Or, la quasi-fermeture du détroit d’Ormuz remet aujourd’hui en cause cette hypothèse fondamentale en rendant l’acheminement de ces récoltes incertain. Certaines infrastructures de substitution existent. Les silos à grains de Fujairah, situés hors du détroit, offrent par exemple une capacité de stockage stratégique pour les céréales. Mais leur volume reste insuffisant pour compenser la paralysie des grands ports de la côte occidentale du Golfe. Dans ce contexte, la coordination entre les membres du Conseil de coopération du Golfe apparaît comme l’un des derniers leviers pour éviter une rupture majeure des chaînes d’approvisionnement. Cependant, l’absence de réseaux ferroviaires transfrontaliers pleinement opérationnels limite encore la capacité de solidarité logistique entre les six monarchies


La fin du sanctuaire

La crise actuelle montre que la richesse financière des États du Golfe ne constitue plus un rempart suffisant face à l’enclavement géographique et aux nouvelles formes de guerre asymétrique. En externalisant leur agriculture pour préserver leurs ressources en eau, ces pays ont gagné en efficacité économique, mais au prix d’une dépendance stratégique extrême. La stabilité des monarchies du Golfe dépend de leur capacité à protéger leurs infrastructures civiles et à maintenir ouvertes les routes maritimes vitales. Car sans accès libre au détroit d’Ormuz, le modèle de développement ultra-moderne des villes du désert se heurte brutalement aux réalités de la géographie.
















mercredi 11 mars 2026

IRAN: on commence la guerre comme on veut...

 « On commence la guerre quand on veut, mais on la finit comme on peut ». Nicolas Machiavel

Cette nuit, j'ai fait un cauchemar, ou plutôt un bon rêve. Je combattais dans les rues, les armes à la main avec les ouvriers iraniens et la population. Mais nous étions finalement vaincus, enoyés en rang de milliers de prisonniers, entassés dans de grands hangards. Mains attachées derrière le dos, nous devions crier à tour de rôle « dieu est grand », ce que chacun avait hurlé jusqu'à moi. Original comme d'habitude je criai : « A bas le capitalisme », déclenchant un immense éclat de rire. Et les prisonniers riaient, riaient et riaient encore jusqu'au point où ces bruyants rires provoquèrent une secousse tellurique qui fît s'effonder le siège des gardiens de la révolution...

Les États-Unis et Israël avaient lancé leur dite « guerre préventive », qui est devenue guerre tout court le 28 février, et étendue à toute la région mais pas dans une logique d'engrenage vers la troisième guerre mondiale, contrairement à ce que certains imaginent. Il existe par ailleurs une grande imprépation militaire pour la plupart des pays européen, il n'y a que LO pour croire qu'on est engagé dans la troisième der des der. Par exemple, Londres n’a pas encore réussi à faire appareiller un seul navire de défense aérienne vers la Méditerranée orientale. Chypre, comme des alliés du Golfe, déplorent la faiblesse de la réponse militaire du Royaume-Uni.Le prétexte de réduction de l'arme nucléaire a alterné avec une soit disant volonté de libérer du nazislamisme la population iranienne, voire sans ambages changer de régime avec les mêmes crapules éventuellement conciliantes. Le criminel Netanyahou est-il le plus induqué pour prétendre libérer le peuple iranien et se vanter ensuite de devenir la principale puissance régionale ?

Il faut pas celer la vérité, qui sert à faire avaler cette guerre au monde entier : changer le régime d'oppression n'est que le blabla pour faire passer pour secondaires les énormes enjeux pétroliers et commerciaux du Moyen Orient. Cette espérance d'une libération militaire (par les airs et par les mers) via un Oncle Sam paternel quoique sans cesse ridicule sous les traits de Trump, reste notre espoir à nous millions de spectateurs impuissants1. Il faut le noter aussi, cette attente naïve et illusoire ne croit ni à une paix provisoire ni aux solutions pacifistes des crétins de l'extrême gauche bourgeoise, défenseurs du terrorisme de l'autre petite nation opprimée, la Palestine arabe2. Le chancelier Merz a joué du pipeau en disant avoir exhorté dans toutes ses discussions avec Washington et le gouvernement israélien, à la création «dès que possible des conditions nécessaires à la stabilisation de ce pays, à la mise en place d'un gouvernement démocratiquement légitime et à la pérennité de cet État qui compte plus de 90 millions d'habitants»«Nous avons bien sûr tout intérêt à éviter de nouveaux flux de réfugiés», a ajouté Merz qui depuis son arrivée au pouvoir en mai dernier a considérablement durci la politique migratoire allemande.

Je maintiens qu'il s'agit encore d'un enlisement de l'armada américaine où un Trump surpris de la résilience de la dictature des mollahs, après nous avoir fait croire que ce régime était en pleine fuite en avant, semble bien lui aussi réduit à une fuite en avant, très coûteuse en dollars et en armement.

S'il arrêtait la guerre même avec des vantardises, cela signifierait leur affaiblissement impérialiste au niveau mondial3. Tout reste opaque dans la narration mondiale de cette guerre où restent voilées les concertations entre puissances, comme le contenu de l'échange téléphonique entre Poutine et Trump (à l'initiative de l'américain).

Plus graves, à nos yeux, que le possible affaiblissement US, sont les conséquences désastreuses pour les humains : milliers de morts et centaines de milliers de personnes déplacées et sous la terreur des bombes, avec le froid et la faim. La durée de résilience du nazislamisme sera probablement plus courte (moins de 6 mois) comparée aux réserves de l'armada américaine ; des deux côtés il y aura de moins en moins de missiles ; l'armure américaine présente des failles presque comiques, s'il n'y avait pas tant de morts civiles, par son impuissance à offrir une parade aux drones dont les méprisés ukrainiens sont champions) et à échapper aux mines face à la thrombose du détroit d'Ormuz4.

Pour l'heure le principal gagnant de la guerre est la production d'armements ; la France en est la deuxième productrice au niveau mondial.

Enfin, on ne peut pas parler de généralisation de cette guerre, ou en tout cas pas encore. Je le répète, contrairement aux généralités superficielles des barbes blanches et des pin-up à l'écran dits spécialistes sur les chaînes d'infaux, Ne pas oublier que les deux grandes puissances sont pour la cessation du conflit régional et en outre ne sont pas des alliés de l'Iran islamique mais des clients qui ont pu fournir avant la guerre des missiles ou des conseils techniques, mais ne peuvent pas s'engager directement ; quand, par ailleurs, ils ont plus à gagner d'attendre une prolongation de l'enlisement américain, de l'épuisement de leurs réserves militaires (avec le dégarnissement des bases au large de Taïwan et en Europe du nord). L'Iran islamique reste donc isolé, même si la Corée du nord lui envoie des bisous, et la dictature terroriste s'est mise à dos toutes les monarchies pétrolières même en arguant que n'étaient visées que des bases américaines. Les spécialistes vieilles barbes des infaux ont tendance à exagérer la menace iranienne dont les caïds roulent des mécaniques, et dont on n'est pas sûr que le fils de l'assassin en chef soit vivant.

Cher lecteur, j'aimerais ton avis sur l'alternative proposée par le CCI, même si on ne peut qu'être d'accord sur le fond, n'est-elle pas trop généraliste ? Le prolétariat est-ils toujours seul à vouloir la fin des guerres (concernant celle-ci il se préoccupe plutôt de son plein d'essence) ? En quoi les grèves corporatives, surtout pas dans les usines d'armement seraient-elles une fraternité avec les civils sous les bombes des deux côtés ?

« Pour mettre fin aux guerres, il faut renverser le capitalisme ! L’histoire a montré que la classe ouvrière est la seule force qui peut mettre fin à la guerre capitaliste. En refusant de sacrifier nos vies et nos salaires sur l’autel de la « compétitivité » ou de « l’effort de guerre », nous commençons à nous dresser contre le cœur même du capitalisme : l’exploitation de l’homme par l’homme.Comme nous l’avons montré dans de nombreux articles, depuis 2022, nous assistons à un véritable réveil de la combativité ouvrière à l’échelle mondiale. En refusant les sacrifices imposés par l’économie de guerre, les travailleurs manifestent une solidarité concrète envers leurs frères de classe piégés sous les bombes. Et cette détermination à ne pas se laisser faire s’accompagne d’une maturation de la conscience politique : partout, de petites minorités s’interrogent sur l’organisation des luttes et l’avenir du système, sur le lien entre la crise et la multiplication des guerres. Pour les minorités révolutionnaires, l’heure est au débat et à l’action pour transformer ces réflexions souterraines en une force organisée capable de préparer les luttes révolutionnaires de demain ».

à vos stylos !


NOTES

1Le CCI en remet une couche sur son histoire de « révoltes manipulées », bien que j'ai ridiculisé cet argument idiot au ciurs de leur RP parisienne, en ressortant dans sa dernière prise de position que Trump « a lancé des cris bellicistes » « qui sont d'ignobles guets-apens ! Des appels à se faire massacrer pour le Shah ou toute autre faction de la bourgeoisie iranienne ! ». Pas de pot ! La population iranienne reste à la maison et attend acvec espoir et impatience que l'armada US détruisent tous les nazislamistes, sans oublier luxueuses villas deluxe du fils Khamenei aux USA, s'il est encore vivant. 

2Le gauchisme pacifique mais du côté d'un camp seulement est soutenu par le vieux has been Villepin qui n'a pas peur du ridicule ; « le diable est sorti de sa boite comme la pate du tube dentifrice » Mais qui est le diable ?

3Sur ce point je suis OK avec le CCI, si les américains turent le jackpot :  ce nouveau conflit va sans aucun doute affaiblir les principaux adversaires des États-Unis. Au premier rang desquels la Chine qui, tributaire du pétrole iranien et d’un accès aux ports du Moyen-Orient pour développer ses nouvelles routes de la soie, a largement réapprovisionné le stock de missiles des gardiens de la révolution ».

4 Kiev a proposé aux États-Unis et au Qatar de partager son savoir-faire sur les intercepteurs de drones. Les stocks de moyens de défense aérienne se réduisent à vue d’œil.

lundi 9 mars 2026

PARASITES DU MOUVEMENT REVOLUTIONNAIRE OU SIMPLES CLOCHARDS ?

 


UNE PLATEFORME INFORME QUI DESINFORME

Lorsque je rencontre le type qui se fait appeler Jean Gilot, son attirail m'interpelle. Il traîne une poussette pleine d'objets hétéroclites, bedonnant avec chemise entrouverte et braguette idem. Il est sale, pas propre sur lui mais il est souriant et a une bonne tête. Il est vieux alors que, vu le décor infantile du blog, je pensais avoir affaire à un jeunot.

Je demande :

  • tu as créé ton blog au moment des gilets jaunes, depuis quand dis-tu « nous » ?

  • depuis deux ou trois ans.

Nous allons discuter durant deux heures à la Closerie des lilas. Il est obséquieux et flatteur, ce qui pourtant ne m'intrigue pas sur le moment. Je ne me rends pas compte que j'ai à nouveau affaire à un taré destructeur comme ce couple de clochards PN Eric Aucordier et Gwenaelle Stephan couple pervers (et en pleine clochardisation) qui se faisait un plaisir de me persécuter sur les réseaux il y a quelques années.

Le Jean Gilot (pseudo) m'avait contacté en saluant mon blog. Prenant connaissance du sien je le trouvai bien fait esthétiquement mais avec une obsession intrigante : une mise en page mettant en avant systématiquement cette pauvre cloche de Fanny K.Kaplan, aussi neuneu que Charlotte Corday (celle qui avait assassiné Marat) : « j'ai tiré sur Lénine, je l'ai fait volontairement. Je ne dirai pas d'où provient le revolver ». Forcément c'est son guru terroriste Savinkov qui le lui avait refilé.

Donc au premier abord, héroïsation d'une pauvre fille manipulée par la secte terroriste des SR (socialistes révolutionnaires) par un vieux barbon inculte pour attirer dans sa glue quelques jeunes anarchistes révoltés et ignorantins ; troupe qu'il me décrivit comme jeunes étudiants venant de l'anarchisme alors que lui assure « venir du marxisme » et même proche de Bordiga. En vérité il est étanger et au marxisme et au marxisme comme réflexion critique même concernant les anciens textes rabachés ou cités à profusion pour masquer une absence de réflexion idoine àla situaton moderne.

On a reproché à Lénine d'avoir inventé le parti unique au pouvoir comme l'ensemble des médias modernes et de leurs historiens pourris radotent qu'il a créé le totalitarisme et enfanté Staline. Or tout cela est faux. Il a été lui aussi comme tant d'autres, prisonnier des circonstances. Les SR de gauche étaient au gouvernement bolchevique mais en pleine guerre ils le quittent, mènent campagne contre le traité de Brest Litovsk, imaginant possible une « guerre révolutionnaire » alors que le régime soviétique est affaibli. De plus ils développent leur activisme terroriste, tuant deux orateurs bolcheviques et l'ambassadeur d'Allemagne. Lorsque leur petite main tire sur Lénine et le handicape à vie, l'ensemble de la presse bourgeoise parisienne crie « Hourra » !

Naturellement cette tentative d'homicide d'un des plus grand penseurs du communisme autorise le déclenchement de la « terreur rouge » ; et c'est bien normal, n'importe quel autre Etat aurait réagi de la sorte. Ensuite, je n'ai pas la place ni le temps de revenir sur l'histoire complexe de la révolution en Russie, des erreurs ou abus bolcheviques ; contrairement à ce qu 'affirme notre zigoto dépenaillé la plupart des « révélations » sur Kronstadt, ce brave Baynac et cie, sont archi connues depuis plus d'un demi-siècle. Le sensationnalisme de la mise en page avec ce terme con et risible de plateformejaune, vise à faire croire au jeune anar ignorant que lui est offerte la révélation du nouveau siècle : la moustache de Staline c'était Lénine. C'est même le principal bourrage de crâne caligraphique et répétitif avec la photo policière de Kaplan de face et de profil: un anti-stalinisme hystérique qu'on pouvait comprendre dans les sixties mais qui sent la naphtaline désormais :

« Le bolchevisme, le poison sénile du communisme, de Brest-Litovsk à Kronstadt : les chemins tortueux de la « révolution trahie » par Lénine et Trotsky. Demysthifions lesicônes corrompues de l'histoire ». Titre aguichant comme Le Parisien : « LA terreur leniniste c'était 1 700 000 VICTIMES ». Arrête ton char Jeannot : « Il faut avoir le courage de l'écrire LENINE et TROTSKY ont du sang dans leurs mains d'ouvriers et de paysans mais aussi de leur progéniture Staline, Pol Pot, et le fantasque milliardaire Kim Jong un de la Corée du Nord ».

LA GRANDE TERREUR GAUCHISTE : Gengis KHAN VA REVENIR....


Le contenu des articles de Kim Jong Gilot (aux multiples alias, Alain Bensimon, Ducon...) relève de la pensée gauchiste la plus navrante : IL VA REVENIR LE SINISTRE STALINE et son pote HITLER AUSSI grâce aux léninistes et trotskistes de tout poil ! C'est la base du sentimentalisme antifa et de la méthode de recrutement pathologique de tous les particules gauchistes d'invoquer les ombres du passé comme le diable qui va se repointer sur terre ; or non il n'y a aucune chance que Staline ou Gengis Khan reviennent, le diable est déjà là et il s'appelle capitalisme. Au passage, oralement, notre confusionniste vieux manipulateur maniaque , nous décrit des conceptions très substitutionnistes au point que je peux le qualifier d'anarchiste élitaire et de stalinien refoulé (j'ai souvent remarqué que l'anarchiste est plus souvent un dictateur qui s'ignore à défaut d'être reconnu comme ayant un pouvoir quelconque). Ce pauvre anti Lénine souffreteux osa à un moment me dire que la conscience de classe est apportée à l'ouvrier de l'extérieur...confusion mentale ou léninisme refoulé ? Pendant que je lui ai offert à manger au café de son chanteur préféré, la Closerie des Lilas où il se montre obséquieux et méprisan pour le serveur noir.

On ne prête ses défauts qu'aux autres, ainsi Lénine n'aurait fait que reprendre « les techniques impitoyables de Netchaïev », mais « plateforme jaune » est plus plate encore en vantant en exergue cette même technique terroriste impitoyable en haussant au rang d'héroïne anti-léniniste une pauvre gamine manipulée. L'orthographe y est aussi anarchique...aux fautes d'orthographe s'ajoutent parfois des mots dont la signification ne correspond pas : « il convient de décocher notre chapeau à la vaillante Fanny Kaplan ». On peut aussi lever son chapeau.

On reprend au passage une photo répandue largement et mensongèrement sur le web de Staline et Lénine où Trotsky est présumé assis à côté, or c'est Kalinine, personnage secondaire.

Les diatribes sur tous les sujets sont truffées d'erreurs et de considérations qui relèvent de la psychologie clocharde gauchiste  plus que de l'analyse politique. Il est ignare sur l'histoire du véritable mouvement révolutionnaire. Plateforme n'est pas simplement plate et informe par cette apologie de l'autogestion, qui sert à multiplier les petits caïds locaux, ni parce que c'est un bluff, un faux groupe, qui ne raisonne sur le passage au communisme qu'à partir du programme de la CFDT mais parce qu'il reste national. Cet imposteur veut se faire passer pour un groupe et signe "comité"; qui croit-il abuser? Moi cette fois-là, lui offrant certains de mes libres, et les quelques jeunes naïfs sans expérience prêts à gober ce langage hystérique hors temps et complètement à côté de la plaque? Notre fabulateur ignore que même un jeune ignorant sait que cela doit se poser au niveau de l'internationalisme. C'est en effet là que se dévoile la supercherie de l'anti-léninisme hystérique : Lénine n'est pas responsable de l'esprit de forteresse assiégée bolchevique, d'abord parce qu'il s'est agi d'une expérience, jamais un parti socialiste n'avait été ainsi au pouvoir d'un pays immense, le plus grand du monde. C'est la bourgeoisie mondiale qui, faisant cesser la guerre donc l'extention de la révolution, a fait s'étouffer la révolution, ce que leur maudit Lénine, à demi paralysé des suites de l'attentat, a relevé dans ses derniers textes.

« Il a été permis de craindre que la Révolution, comme Saturne, dévorât successivement tous ses enfants ». Vergniaud


EPILOGUE : le « nous » de Plateforme m'expédie une brochure de 52 pages dès le lendemain (???) prétendant me répondre sur (ma fausse conception) la démocratie, une rédaction qui eût même nécessité une recherche de plusieurs semaines en médiathèque, même pour Karl lui-même, qui n'est qu'une compilation, préparée de longue date sous le coude pour tout contradicteur et ajustable au nom du quidam « pour sa formation). Diarrhée imbuvable , bourrée de toutes les citations de Marx contre l'idéologie démocratique bourgeoise, pas contre la démocratie prolétarienne dans la classe révolutionnaire. Très didactique à la mode stalinienne : je pense donc je cite. Et j'avais eu le malheur de dire que parfois Marx disait des conneries, chauvines ou racistes, et pourtant j'avais raison. Qui a dit « bien creusé vieille taupe » ? Marx. Or la taupe lorsqu'elle sort de son trou, est aveugle.

Réponse à un nain jaune

(La symbolique médiévale fait du jaune la couleur des tricheurs, des traîtres, des félons, du mensonge, de la maladie ; il est aussi associé à la folie. Au début du siècle précédent le jaune était un briseur de grève ; de sinistre mémoire ne jamais oublier l'étoile jaune pour les juifs; avec les gilets des classes automobilistes français cela a rappelé la couleur des cocus... )

Cette avalanche de textes, préfabriqués, cette loghorrée outrancière et hors sujet révèle ta maladie mentale qui se déguise en cette clochardisation de la théorie marxiste. Je ne vais pas perdre mon temps à répondre à toutes tes pirouettes invraisemblables de cette « correspondance privée », bouffées délirantes apolitiques, avec une méthode, si je puis dire, stalinoïde : je t'assomme avec les textes sacrés, une grille de citations préécrite depuis belle lurette et envoyée à « titre privé » et non destinée à être publiée « par sécurité » (sic) (sinon les autres destinataires de circonstance poufferaient de rire).

Ta négation totalitaire de la demos avec une linéarité historique carrément anti-marxiste n'est qu'un poison pour tuer dans l'oeuf toute discussion : je t'assène les vérités 'incontestables » même à partir de tes quelques considérations évasives de bistrot. La perspective d'un encadrement de la population ouvriers et cette espèce bizarre les « camarades consommateurs », fait penser à l'encadremment populaire du PCF ou PCI après guerre, ou même à la dictature nord-coréenne : « Organisons-nous en comité dans chacune de nos entreprises, atelier par atelier et service par service, par quartier, bloc par bloc, immeuble par immeuble et rue par rue. Tissons des liens d'entraide, cherchons tous les moyens pour satisfaire nos besoins par nous même » .

« cherchons tous les moyens pour satisfaire nos besoins par nous même » ! Brrr c'est du gangstérisme anarchiste !

Ton blog ne s'affiche nullement marxiste mais apologiste d'une petite écervelée manipulée par son guru Savinkov  comme référence première à un présumé terrorisme révolutionnaire (de manière maniaque à chaque page on retombe sur le profil de cette pauvre Kaplan...pas d'une théoricienne de la hauteur de Rosa, une cloche a la référence qu'il peut mais; un anti-stalinisme primaire et confusionniste s'étale pour l'essentiel à l'appui des pires réactionnaires les Courtois et Furet, c'est la même peur gauchiste du retour du diable ou de Gengis Kahn ; attention si vous créez un parti Staline et Hitler vont revenir ! La répression contre les gilets jaunes aurait confirmé les remarques (justes) de Marx contre la démocratie bourgeoise, mais pourtant pas besoin de ce mouvement interclassiste disparu avec l'exaltation duquel tu tentes de ridiculiser le marxisme.

La plateforme est d'un niveau syndicaliste plat niveau CFDT avec ses nullités sur l'autogestion, idem pour ta diarrhée sur l'Espagne où tu veux nous baratiner avec l'expérience espagnole autogestionnaire qui fut une vaste pantalonnade (cf mon livre le démontre.Le titre de cette resucée est édifiant d'artificialité (dans le style sages de Sion) : PROCLAMATION DU DROIT SUPERIEUR AU COMMUNISME POUR UN SOCIALISME AUTOGESTIONNAIRE DE LIBERATION. Chaque terme détruit le suuivant : le droit détruit le communisme, le communisme n'a plus rien à voir avec le socialisme, l'autogestion n'a rien à voir avec une quelconque libération.


La définition que tu donnes de ton conclave (quelques contacts plus oiu moins rigolos ignorantins et le concours de sachants historiens) fait dresser les cheveux sur la tête tant elle est bête et sectaire : « Nous sommes une organisation prolétarienne profondément et structurellement anti-démocratique (donc à fuir) . Cela vaut aussi bien pour ceux qui, comme moi, se sont inspirés de Marx, que pour ceux qui sont davantage nourris par le courant anarchiste et libertaire. Nous considérons qu'il existe un droit supérieur inhérent à tout être humain : celui de vivre dans une société communiste ».

Tu écris tout et n'importe quoi, dans le stupide avis aux ringards et disparus giles jaunes gilets jaunes tu leur proposais ...la démocratie ! (« ... passer d’une économie dominée par des rapports d’exploitation vers une économie gérer par toutes et tous, démocratiquement.(avec fautes d'orthographe)Faut se méfier avec un aventurier comme toi, au pouvoir tu flinguerais toute démocratie ouvrière !

Tes exemples purs invoquant la Commune de 1871 révèlent ton ignorance, Marx et Elysée Reclus en ont démonté les nombreuses faiblesses et moins naïf que les interprétations de Lénine (il suffit de se reporter à mes articles sur le sujet)

La tartine sur la méchante démocratie bourgeoise est très stalinienne, sans oublier qu'elle reprend presque l'intégralité des thèses de Lénine lors de la fondation de l'internationale (1919) que tu conchies à longueur de diarrhée comme tout clochard bourgeois, sauf que lui conçoit, évidemment comme tout marxiste conscient, une démo cratie ouvrière (et qu'il a été conduit, en tant que chef d'Etat, à détruire).

Voici ce que j'écrivais à la fin des années 1970 dans un article du CCI.

« Il faut en finir avec ces jongleries sur le mot "démocratie" ; laissons aux juristes et aux philosophes le soin de définir l'essence invariante, éternelle du mot "démocratie". Pour nous, marxistes, la "démocratie" que nous voulons, n'est pas un mot, une simple FORME. La "démocratie ouvrière", c'est un CONTENU, une PRATIQUE DE CLASSE, UN BUT : le socialisme, l'émancipation du prolétariat et de l'humanité qui se traduisent par une égalité réelle, une liberté sans précédent pour le prolétariat et les exploités, non limitées mais en développement constant, au fur et à mesure que dépérissent les rapports de production capitalistes ». La "démocratie ouvrière" n'est pas un idéal que le prolétariat devrait atteindre, à travers le sang et la terreur, la contrainte et l‘oppression. ELLE SERA LA PRATIQUE MÊME DU PROLÉTARIAT AU COURS DE LA RÉVOLUTION, son élargissement signifiant non le recul du prolétariat, son affaiblissement devant des forces hostiles, mais sa marche en avant vers le socialisme, où s'opère le passage du "règne de la nécessité dans le règne de la liberté ». (non je blague, c'était Bourrinet).

Tu n'arriveras jamais à la cheville d'un Marc Chirik :

« L’expérience russe nous prouve que la conscience qu’ils avaient du danger à représenter l’État dans les mains du prolétariat, et les mesures nécessaires à prendre à son égard, préconisées par nos maîtres, n’étaient pas vaines.

Ces mesures: élection de représentants par les masses laborieuses révocables à tout moment; destruction de la force armée détachée du peuple et son remplacement par l’armement général du prolétariat et des classes laborieuses; démocratie la plus large pour la classe et ses organisations; contrôle vigilant et permanent de toute la classe sur le fonctionnement de l’État; un salaire limité et ne dépassant pas celui de l’ouvrier qualifié pour les fonctionnaires de l’État doivent cesser d’être des formules, mais être appliquées à la lettre et renforcées autant que possible par des mesures politiques et sociales complémentaires.

L’histoire et l’expérience russe ont dé montré qu’il n’existe pas d’État prolétarien proprement dit, mais un État entre les mains du prolétariat, dont la nature reste antisocialiste et qui, dès que la vigilance politique du prolétariat s’affaiblit, devient la place forte, le centre de ralliement et l’expression des classes dépossédées du capitalisme renaissant ».

Enfin cette connerie, j'espère que ce n'est pas ton historien à la manque qui en est l'auteur : « L'esclavage n'était pas un accident, c'était la matrice même de la démocratie ». J'en ai parlé à mon ami Spiros, grand professeur à Jussieu ; il a éclaté de rire. Non seulement tu es nul et dispersé avec tes arguties mais tu n'est pas intelligent. Tu n'es qu'un vulgaire pervers narcissique comme j'en ai déjà confronté dans ces milieux marginaux, qui veulent parasiter la théorie révolutionnaire aux fins de destruction et de terrorisme contre toiut contradicteur. Je n'ai pas de temps à perdre avec un tel clown fabulateur, imposteur d'un marxisme-prétexte à cet anarchisme pathologique.  J'en alerterai évidemment tout le milieu maximaliste. Et notre relation s'arrêtera ici.

Dégage



L'imposteur à la guitare GAS