PAGES PROLETARIENNES

mercredi 2 juillet 2008

LES CHINOISERIES INOUBLIABLES

DU CRETIN NEGRI

Les « machines désirantes » foucaldiennes, deleuziennes, néo-althussériennes, les Cusset et autres Boutang-train et autres « multitudes » d’intellectuels tarés de la mouvance communisatrice, effarés devant le « grouillement des pauvres », se pâment devant le nouveau prophète du nihilisme Antonio Negri – ce vieux pape du gauchisme de la caste estudiantine des sixties et roi des vieux cons communisants. La matrice délirante de toute la variété des communisateurs tient le même langage que le contre-révolutionnaire français du début du XIXe siècle, Bonald, qui n’avait déjà que mépris pour les viles « multitudes » et niait déjà le prolétariat bien qu’en lui reconnaissant des capacités émeutières « décadentes » :

« Les manufactures entassent dans les villes une population immense d’ouvriers, dépourvus des vertus qu’inspirent le goût et la culture des propriétés champêtres, livrés à tous les vices qu’enfante la corruption des cités qui offrent des jouissances à la débauche et des ressources à la fainéantise. La moindre diminution dans leur travail, la moindre variation dans le goût des objets qu’il produit, livrent à la faim et au désespoir cette multitude imprévoyante, qui travaille peu pour consommer beaucoup ; et ces alternatives fréquentes d’aisance et de misère, ce passage subit de l’intempérance à la faim, le rend, suivant que l’Etat est tranquille ou agité, cause de désordre ou instrument de révolution. Nos villes fabricantes et manufacturières ont donné aux campagnes le signal de la révolte ».

Plus tard Maurras était déjà negriste communisateur :

« La grande nouveauté de l’usine moderne, ce vaste rouage inhumain, comportait un ouvrier sans attaches, véritable nomade égaré dans un désert d’hommes, avec un salaire qui, même élevé, variait trop, ne lui assurait aucune défense économique sérieuse (…) sa faculté de débattre la condition du travail, limitée par les conditions de sa vie, le refus du travail, qu’il vînt de lui ou de l’employeur, pouvait le réduire à la mort sans phrases ».

Dans mon Précis de communisation, j’insiste sur l’importance du passé maoïste de Negri et ses bandes successives, comme pour ses relais français. Potere Operaïo n’était pas un groupe original, contrairement aux fables de nos ésotériques et imbitables communisateurs français mais une merde néo-staliniste maoïste dont aucun morceau de théorisation n’est récupérable et pour tout dire fût le socle formateur du futur langage pour initiés des divers communisateurs, snobisme littéraire typiquement bourgeois. Voici la position du sieur Negri sur la Chine en 1972, qui, comme toutes les modes qu’il a épousées ou initiées, nage dans le plus complet ridicule avec une plume déjà jargonneuse et abstraite, et qui provoquait le fou-rire parmi les minorités révolutionnaires réelles de la glorieuse « Gauche italienne » des Bordiga et Damen:

La Chine et le front antiimpérialiste

A l’heure actuelle les forces qui s’opposent à l’objectif d’élargissement de la cassure de classe et de la limitation de l’autonomie sont formées par la lutte endémique aux USA, par l’Europe des grèves sauvages et des luttes ouvrières et prolétariennes contre le travail et l’Etat fondé sur le travail, par le passage de la passivité de masse à la lutte ouverte (jusqu’à l’insurrection communiste) dans les pays du « socialisme réalisé », par le front armé dans le Sud-Est asiatique et par les forces qui, en Afrique comme en Amérique latine, luttent contre l’initiative capitaliste. Contre le centre de commandement unifié de l’impérialisme, le front anti-impérialiste développe aujourd’hui un mouvement général d’attaque sur la base d’objectifs qui deviennent toujours plus homogènes et qui exigent par conséquent un niveau plus élevé de coordination et d’organisation, particulièrement en ce qui concerne la définition des échéances de l’affrontement.

Seule l’initiative révolutionnaire en Chine est parvenue à s’opposer à la longue et profonde interpénétration du marché du travail de l’ « Occident » et du « socialisme réalisé », à la reconstruction du marché mondial. Seule la Chine est parvenue pendant une durée appréciable à soustraire du marché mondial ce qui du point de vue capitaliste n’en reste pas moins le plus important des « marchés » ; seule la Chine est parvenue à garder ses distances par rapport au commandement capitaliste intégré au niveau international, à élever une frontière au-delà de laquelle le capital n’est pas parvenu à mettre en œuvre ses plans d’intervention. Pour cela et pendant longtemps l’initiative chinoise a représenté l’espérance révolutionnaire de nombreuses avant-gardes européennes et américaines. Dans la mesure où l’on assista pendant les années 60 à un déplacement radical des rapports de force entre classe ouvrière et capital dans les métropoles occidentales, dans la mesure où ce déplacement marque la fin de la longue période de domination capitaliste sur la force de travail, au moment où commence à chanceler toute l’organisation du travail mise au point après 1929 et avec elle tout l’appareil de contrôle et de pouvoir sur le développement, la Chine ne représente malheureusement en Europe qu’une donnée objective (la réalité formidable de la rupture du commandement impérialiste au niveau mondial) ou seulement un phare idéal. L’incarnation de la lutte contre le révisionnisme dans un seul pays, l’internationalisme centré sur le terrain compliqué des mouvements de libération (où la logique des grandes puissances tend à étouffer toute autre manière de comprendre le développement armé de la révolte) sont des éléments qui laissent les grandes métropoles entièrement à l’écart d’une présence « réelle » de la Chine, si ce n’est dans les termes du reflet d’une rupture du commandement mondial du capital. Jusqu’à maintenant la lutte ouvrière et prolétarienne n’est parvenue que très difficilement et souvent seulement de manière idéologique à établir un fil rouge avec l’initiative des camarades chinois. Nous devons d’autre part reconnaître les difficultés objectives qui ont empêché les camarades chinois d’engager un rapport effectif avec les avant-gardes des luttent qui se développent au cœur des métropoles européennes. Nous sommes même persuadés que l’irréductibilité du mouvement révolutionnaire chinois au commandement capitaliste peut donner une impulsion énorme à l’unification ouvrière et prolétarienne au niveau international.

L’autre élément qu’il nous paraît indispensable de mettre au premier plan est la signification de la Révolution Culturelle Chinoise. Son importance est énorme en ce qui concerne la plus grande partie des problèmes que nous nous posons : le problème de la transition au communisme (sic !), la définition du programme de pouvoir de la dictature ouvrière, la question de la gestion du pouvoir politique dans une phase où la non extension mondiale de la révolution, la présence du marché capitaliste mondial, la non destruction de la loi de la valeur (resic !) et des règles de l’économie politique, du travail posent au parti de classe le problème de faire fonctionner le pouvoir politique dans le sens de la mise en route et de l’accélération du projet communiste de suppression du travail (comme en Chine ? ndt) et non dans le sens d’une gestion du développement capitaliste par la classe ouvrière. Par rapport à toutes ces questions dont l’actualité est plus que brûlante, la révolution culturelle chinoise a construit un type de solution (sur combien de massacres ?ndt) qui, s’il ne doit pas être repris mécaniquement comme « modèle » (sic), doit en tout cas être exalté pour l’exemple de lucidité avec laquelle il pose le problème de la lutte permanente de la part des communistes contre l’ambiguïté de la solution « socialiste » (du Roland Simon craché, ndt !).

Ceci dit, il faut de toute manière préciser que l’intérêt ouvrier et prolétarien exige en ce moment un comportement hégémonique sur le développement révolutionnaire dans la mesure où cet intérêt démontre aujourd’hui par la lutte qu’il est déjà la force motrice de l’instabilité capitaliste au niveau mondial ».(cf. POTERE OPERAIO, aux avants-gardes, pour le parti, 1972, archives personnelles).

Bravo lecteur d’être parvenu jusque là. Vous avez cru lire des borborygmes d’un Badiou ou du Finkielkraut amélioré, ce n’était que l’encre originelle des vieux gauchistes de Temps Crispés et autres nuisances encyclopédiques des couches inférieures et marginales de l’intelligentsia.

En parallèle au parti stalinien d'Italie, Potere Operaio et sa soeur Lotta Continua contribuèrent à dénaturer et ridiculiser le projet communiste historique. PO se dissout en 1973 par vacuité, et LC idem, peu après mais après pas avant d'avoir appelé à voter pour le PCI. Comme Marchais en France en 1976 déclarant la dictature du prolétariat caduque, Berlinguer assurait la même année: "on ne peut plus miser sur un effondrement de l'Etat capitaliste comme en 1917". La boucle était bouclée oecuméniquement, juste avant la terrible année répressive de 1977, par les parents staliniens et leurs enfants terribles gauchistes. Tout le reste ne fût que complot, pardon machiavélisme étatique.